Né le 7 novembre 1923 à Cluses (Haute-Savoie), massacré le 10 juin 1944 à Lissieu (Rhône) ; chauffeur de camion.

Émile Giguet était le fils d’Émile Giguet et de Louise Eugénie Favre. Il était chauffeur de camion à Villeurbanne (Rhône). Il demeurait à Lyon (Rhône), 20 rue du Docteur Rebatel (IIIe arr.).
Émile Giguet fut peut-être arrêté le 5 mai 1944 à Lyon (IIIe arr.) avec Joseph Coupat et François Viallard (les familles Giguet, Coupat et Viallard se connaissaient). Il fut ensuite incarcéré à la prison de Montluc (Lyon), cellule 70.
Le 10 juin 1944, Émile Giguet, ses compagnons Coupat et Viallard, et seize autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Lissieu (Rhône) dans une camionnette bâchée escortée par quatre voitures transportant des militaires allemands. Vers 8 heures 40, le convoi se gara au bord de la route nationale 6, non loin du hameau du Bois Dieu. Les soldats bloquèrent la circulation sur la route à environ 150 mètres au nord et au sud de la camionnette et ils éloignèrent un témoin. Ils firent descendre les prisonniers du véhicule et les exécutèrent à coups de mitraillettes. Ils laissèrent les cadavres sur place. La camionnette et l’une des voitures repartirent dans la direction de Lyon tandis que les trois autres automobiles se dirigèrent vers Villefranche-sur-Saône (Rhône).
Les gendarmes et la police furent alertés le jour même. Ils découvrirent les dix-neuf corps à environ 13 mètres de la chaussée. Ils étaient allongés perpendiculairement à la route nationale, les pieds dirigés vers la voie, faces contre terre. Les enquêteurs ne trouvèrent aucune pièce d’identité sur eux. Les cadavres furent transportés à l’institut médico-légal de Lyon.
Le corps d’Émile Giguet fut décrit comme suit par les gendarmes : « Le cadavre N°9, mesure I mètre 70 environ et paraît âgé de 30 ans. Il est de corpulence moyenne ; a les cheveux châtain-clair ; front proéminent ; nez rectiligne ; visage rond ; menton rond. Il est vêtu d’une veste bleue rayée rouge ; d’un pantalon de treillis bleu usagé ; d’un tricot en grosse laine bleue déteinte ; d’un tricot de corps bleu ; le pantalon est maintenu par une ceinture en cuir noir. Il est chaussé de chaussettes en coton marron et de brodequins de montagne en bon état. Il a été trouvé porteur d’un mouchoir à carreaux bleus, d’un papier d’emballage manuscrit (les 18 Commandements de Montluc - une chanson - une narration) ». D’après le rapport du médecin légiste, le corps d’Émile Giguet « maigre ou amaigri » portait des blessures multiples par balles à la tête, au cou, au tronc, aux bras, à la jambe droite. Il fut identifié par ses deux sœurs, et, le 12 juillet 1944, par la mère et la veuve de Joseph Coupat et la mère de François Viallard.
Il existe au Service historique de la Défense un dossier administratif de résistant à son nom mais il n’a pas été homologué. Le nom d’Émile Giguet est gravé sur la plaque commémorative située à Lissieu, en bordure de la route départementale 306 (anciennement route nationale 6).
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W901, 3460W4, 3335W22, 3335W14. — SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P. — Mémorial Genweb.

Jean-Sébastien Chorin

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