Né le 17 janvier 1884 à Orgelet(Jura), mort sous la torture le 10 février 1944 à Metz (Moselle annexée) ; notaire ; Président du Groupement des expulsés de Moselle (GEM) ; résistant aide et sauvetage, filière d’évasion Malou.

Me Chavet à Lyon le 11.11.1940
Me Chavet à Lyon le 11.11.1940
Crédit photo : coll. Ascomémo-Hagondange
Notaire à Metz, il fut expulsé avec sa famille dès le 16 août 1940 par les Allemands en tant que « Français de l’intérieur ». Réfugié à Villeurbanne (Rhône), il créa le 21 août 1940 avec Henri Navel, directeur des promenades à Metz, le Groupement des Expulsés de la Moselle (GEM) à Lyon qu’il présida. Le but du GEM était de « défendre les droits des expulsés ». Le 30 septembre 1940, le GEM diffusa un rapport sur les premières expulsions. D’autres rapports suivirent. Début décembre 1940, le GEM créa un bureau permanent au Palais de la Foire à Lyon et se posa, avec ses 10 000 membres, en porte-parole exclusif des réfugiés mosellans auprès de Vichy. Ses membres s’affichaient avec un insigne frappé de l’hirondelle, symbole du retour conditionné par la défaite allemande, et d’une Croix de Lorraine sans référence avec la France Libre. Le 11 novembre 1941, Me Chavet et le GEM participèrent à Lyon à la manifestation du souvenir de la fin de la Première Guerre mondiale.
L’activité du GEM hérissait les pouvoirs publics. Watiez, commissaire spécial chargé des réfugiés d’Alsace et de Lorraine, dénonça « l’activité de M. Chavet et des gens qui l’entourent dans des matières qui ne sont pas du ressort d’un groupement d’entraide et d’expulsés. » Le groupement était soupçonné de diffuser le journal clandestin Véritas. Me Chavet accomplissait des missions de renseignements pour l’ambassade des Etats-Unis. En même temps, le GEM était l’aboutissement de la chaîne d’évasion « Malou » animée depuis 1942 par la messine Marie-Louise Olivier. Il fournissait de faux papiers aux réfractaires et déserteurs mosellans qui avaient fui la zone annexée.
Fin 1943, après avoir infiltré la filière avec deux agents français qui s’étaient faits passer pour des réfractaires, la Gestapo opéra un coup de filet. Six personnes furent arrêtées en Moselle ainsi que Me Chavet et son fils Pol. Conduit à Sarrebruck (Allemagne), Henri Chavet fut torturé pour obtenir des informations sur toutes les ramifications de la filière et décéda le 10 février 1944 à l’hôpital de Bonsecours à Metz, sans avoir parlé.
Sources

SOURCES : AVCC, dossier statut. — AD Moselle 69J11-21. — AD Rhône 45W37-41. — Ascomémo Hagondange, brochure Activités et historique du GEM 1941. — Philippe Wilmouth, 50 kilos de bagages et 2 000 francs, Maizières-lès-Metz, imp. Koehl, 2002, p. 132. — Cédric Neveu, La Gestapo en Moselle, Strasbourg, éd. du Quotidien, 2015, p. 173-177. — L’Echo des Réfugiés, 4 octobre 1941.

Philippe Wilmouth

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