Né le 1er mai 1914 à Paris Xème arr. (Seine), fusillé le 11 février 1944 après condamnation à mort d’une cour martiale du régime de Vichy à la maison d’arrêt de Limoges (Haute-Vienne) ; ouvrier peintre ; résistant FTPF en Corrèze.

Il était le fils de François Chabanier et de Léonie Lacroix, mariés le 21 juin 1913 à Saint-Yriex-le-Déjalat (Corrèze). Ouvrier peintre à Paris jusqu’au 16 novembre 1939, René Chabanier retourna à cette date chez ses parents en Corrèze à Saint-Yrieix-le-Déjalat. Durant la « drôle de guerre », il était employé comme requis à la Manufacture d’Armes de Tulle (M.A.T). A partir du 1er septembre 1942, il devint cantonnier auxiliaire à Egletons. Célibataire, le 13 janvier 1944 il fut convoqué pour une visite médicale à Brive par le S.T.O. pour aller travailler pour l’organisation Todt. Il décida alors de rejoindre le maquis et s’engagea au sein des FTPF. D’abord hébergé à Chaumeil, il fut transféré dans un camp à Saint-Salvadour. Il déclara avoir appartenu au détachement du camp Guy Lelong.
Le 29 janvier 1944, il participa à l’attaque d’un convoi de GMR accompagné d’un escadron de la Garde près de Treignac, avec son groupe FTP en compagnie d’une unité de l’AS, dans le but de libérer 3 membres de l’AS capturés un peu plus tôt dans la journée. Au cours de l’attaque, deux résistants AS (Léon Jules Dessal et Jean Glevarec) furent tués, deux autres, blessés, décédèrent l’un, Paul Plazanet, à l’hôpital de Tulle le 30 janvier, l’autre (non identifié, un Parisien surnommé « Trocadéro ») à celui de Limoges le 30 ou 31 janvier. Le GMR du Bourbonnais compta 3 morts, 4 blessés graves (dont un amputé du bras) et 3 blessés légers.
René Chabanier fut capturé avec un Soviétique, Ivan Alexandrov, de l’unité AS. Inculpé de meurtre et tentative de meurtre, il fut condamné le 11 février 1944 à la peine capitale lors d’une session à Limoges de la cour martiale itinérante instituée en janvier 1944 par le gouvernement de Vichy. Il fut fusillé le jour même comme le Soviétique à la maison d’arrêt de cette ville.
La cour martiale se montra plus clémente avec les autres maquisards capturés de l’AS, en les inculpant de « détention d’armes et participation à une entente subversive » et en les condamnant à 4 à 6 mois de prison et une amende.
A noter que dans le prolongement de la contre-attaque menée par le GMR, les gardes tirèrent sur un véhicule qui se présentait à un barrage et abattirent 3 des occupants civils de l’automobile (Louis Bretagnolle, Marthe Cheype et Pierre Chassagne) en train de ramener un malade de l’hôpital de Tulle.
Un arrêt du 23 janvier 1945 de la Chambre de la Cour d’Appel de Limoges annulera l’arrêt de condamnation à mort d’Antoine Chabanier.
Il obtint la mention mort pour la France le 2 février 1954 et son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Yrieix-le-Déjalat.
Sources

SOURCES : Arch. dép. Haute-Vienne 1517 art.280 et 184 W12. — Maquis de Corrèze, Éditions Sociales, 5ème édition, 1995 p. 343-344. — Mémorial genweb — Mairie de Limoges, registre des décès 1944 acte n° 357. — AM Limoges 4H142.

Hervé Dupuy, Michel Thébault

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