Née le 15 janvier 1923 à Asti (province d’Asti, Italie), abattue le 26 février 1944 dans un train, par un soldat allemand à proximité d’Ahun (Creuse) ; employée ; victime civile.

Rosemma Pavese
Elle était la fille de Policarpo Pavese manœuvre et de Maria Avidano. Ses parents d’origine italienne émigrèrent en France, le père en premier en 1932. Ils avaient alors trois enfants, Rosemma, Fermo né en 1926 et Vera née en 1931, qui immigrèrent en 1934 avec leur mère. Une autre fille, Colette, naquit ensuite en France en 1935. Installés à Lussac-les-Châteaux (Vienne), le père, Policarpo appelé plus simplement Paulo trouva un emploi comme palefrenier chez M. Bardeau, marchand de chevaux à Lussac-les-Châteaux. Ce dernier hébergea et procura des emplois avant et surtout pendant la guerre à de nombreuses personnes soit dans son entreprise, soit dans des fermes en Limousin avec lesquelles il était en relation professionnelle. Maria Pavese, lavandière, lavait au lavoir de Lussac le linge de plusieurs familles et faisait le ménage et les gros travaux chez les Bardeau. Leur fille, Rosemma Pavese, célibataire, travailla d’abord à l’hôpital de Montmorillon, puis pour des raisons qui restent à élucider, fut employée (malgré les mises en garde de sa famille) par l’armée allemande au camp de La Courtine (Creuse). Ce camp d’entraînement militaire français, servit après novembre 1942 et l’occupation de la zone libre, de camp de repos et de remise en état pour les unités retirées du front de l’est.
Le 26 février 1944 alors qu’elle se rendait par le train au camp de La Courtine, probablement après avoir rendu visite à ses parents, elle fut victime du harcèlement d’un soldat allemand. Selon Marc Parrotin (op. cit.), un détachement de Feldgendarmerie sous la conduite d’un sergent, détachement en garnison à Aubusson, circulait au milieu de civils sur la ligne Saint-Sulpice-Laurière – Montluçon. A 8 h 30, selon la déclaration de la gendarmerie (acte de décès), harcelée par un feldgendarme, Rosemma Pavese lui résista physiquement et verbalement. Le soldat l’abattit d’un coup de fusil à bout portant. Quelques instants plus tard, le train entra en gare de Busseau-sur-Creuse (commune d’Ahun). Les gendarmes de la brigade de gendarmerie d’Ahun, appelés, ne purent que procéder aux constatations (l’acte de décès précise que « le corps a été trouvé dans un wagon en gare de Busseau-sur-Creuse »). Devant l’opposition du chef du détachement allemand, ils ne purent se faire remettre le meurtrier. Marc Parrotin indique en conclusion de son court récit que « l’affaire, qui suscita une grande émotion dans la région ne connut pas de suites judiciaires ».
Son statut de victime de l’armée allemande et son acte de courage lui valent de figurer sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).
Sources

SOURCES : État civil (acte de décès, mairie d’Ahun, Creuse) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — mémorial genweb — Recherches mémorielles et renseignements Jean Claude Corneille (historien, Lussac-les-Châteaux).

Michel Thébault

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