Né le 30 janvier 1908 à Le Russey (Doubs), massacré le 19 juillet 1944 à Montréal, devenu Montréal-la-Cluse en 1979 (Ain) ; juge de paix ; victime civile.

André Burtschell
André Burtschell
Crédit : Marie-Odile Haegel,
Plaque commémorative du massacre à Saint-Rambert-en-Bugey
Plaque commémorative du massacre à Saint-Rambert-en-Bugey
Wikipedia
André Burtschell était le fils de Jean Albert Burtschell, alors âgé de 47 ans, notaire et adjoint au maire de Le Russey, et de Marie-Reine Élisabeth Chopard âgée de 31 ans, sans profession. Sa famille paternelle, alsacienne, avait opté pour la France après 1871.
André Burtschell devint juge de paix en 1938. Il occupa successivement les postes d’Orgelet (Jura), Pont-de-Roide (Doubs) et Tournus (Saône-et-Loire) avant d’être nommé dans le canton de Saint-Rambert-en-Bugey (Ain) et de s’y installer le 11 novembre 1943.
Le jour-même, les maquisards défilaient dans les rues d’Oyonnax pour célébrer la victoire de 1918. Un défi aux Allemands et à Vichy qui eut un retentissement international et qui témoignait de la force de la Résistance dans cette région. À Saint-Rambert-en-Bugey eut lieu aussi un dépôt de gerbe au monument aux Morts de la Grande Guerre. Les mois suivants, les actions de guérilla se multiplièrent, notamment sur l’axe ferroviaire Ambérieux-Culoz.
Le 6 juillet 1944, six soldats allemands furent tués lors de l’attaque d’un train blindé et un accrochage eut lieu entre des maquisards et une patrouille allemande à Saint-Rambert-en-Bugey. Le lendemain, Allemands et Miliciens contre-attaquèrent, obligeant les maquisards à décrocher, et ils exercèrent de sévères représailles sur la population. Des arrestations furent opérées aux barrages installés aux entrées de la ville, les ouvriers de la filature de la Schappe, plus de 250, furent parqués dans la cour de l’usine et les Allemands désignèrent 30 otages dont plusieurs notables parmi lesquels André Burtschell. Si 18 otages furent finalement libérés, 12, dont le juge de paix, furent mitraillés à 21h45 dans la rue du Pavé (aujourd’hui rue des Otages). Sept furent mortellement atteints, deux légèrement blessés, tandis qu’André Burtschell, Pierre Gayat, secrétaire de mairie et Adrien-Joseph Marguin, garde-champêtre, plus gravement atteints, furent hospitalisés à Nantua (Ain). Enfin, André Rigaud, chauffeur de taxi, arrêté dans la journée à un barrage, passé à tabac et interné à la filature, fut abattu à 22 heures, lors de la libération des ouvriers.
Le 19 juillet, en perquisitionnant l’hôpital, les Allemands identifièrent les trois blessés et les achevèrent dans la carrière de la Croix-Chalon à Montréal-la-Cluse.
André Burtschell obtint la mention « Mort pour la « France » d’après avis du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre du 24 juillet 1946. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative des otages exécutés le 7 juillet 1944 à Saint-Rambert-en-Bugey, sur les monuments aux Morts de cette ville et de Russey, sur le monument de la Libération, à Besançon ainsi que sur le monument aux Morts du cimetière de Thonon-les-Bains où son corps fut transféré à la demande de sa mère.
Sources

SOURCES : Documents transmis par Marie-Danièle Madjour, nièce de la victime. — MémorialGenWeb. — Art. Saint-Rambert-en-Bugey sur Wikipedia. — État civil.

Dominique Tantin

Version imprimable