Né le 5 janvier 1918 à Charvieu (Charvieu-Chavagneux, Isère), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Lissieu (Rhône) ; boulanger ; résistant FFI.

Georges Drevon était le fils de Joseph Drevon et de Marie Louise Dalbion. Il était célibataire. En 1944, il exerçait la profession de boulanger à Saint-Fons (Rhône) chez Monsieur Vivier. Il habitait à Saint-Fons, 53 rue Carnot. Il semble qu’il fut interné deux mois, vers février 1944, à la maison d’arrêt de Bourgoin-Jallieu (Isère).
Georges Drevon était résistant. Le 25 mars 1944, il fut arrêté à Bourg-en-Bresse (Ain) par la police allemande pour « activité terroriste ». Nous savons grâce au témoignage de sa sœur, Marcelle Drevon, qu’il fut appréhendé avec son beau-frère, Paul Pasdelou, et « un ami » (peut-être Georges Didier qui fut également arrêté le 25 mars à Bourg). Georges Drevon et son beau-frère furent incarcérés à la prison de Montluc (Lyon, Rhône).
Le 10 juin 1944, Georges Drevon, Paul Pasdelou et dix-sept autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Lissieu (Rhône) dans une camionnette bâchée escortée par quatre voitures transportant des militaires allemands. Vers 8 heures 40, le convoi se gara au bord de la route nationale 6, non loin du hameau du Bois Dieu. Les soldats bloquèrent la circulation sur la route à environ 150 mètres au nord et au sud de la camionnette et ils éloignèrent un témoin. Ils firent descendre les prisonniers du véhicule et les exécutèrent à coups de mitraillettes. Ils laissèrent les cadavres sur place. La camionnette et l’une des voitures repartirent dans la direction de Lyon tandis que les trois autres automobiles se dirigèrent vers Villefranche-sur-Saône (Rhône).
Les gendarmes et la police furent alertés le jour même. Ils découvrirent les dix-neuf corps à environ 13 mètres de la chaussée. Ils étaient allongés perpendiculairement à la route nationale, les pieds dirigés vers la voie, faces contre terre. Les enquêteurs ne trouvèrent aucune pièce d’identité ni objet permettant de les identifier. Les cadavres furent transportés à l’institut médico-légal de Lyon.
Le corps de Georges Drevon fut décrit comme suit par les gendarmes : « Le cadavre N° 19, mesure 1 mètre 60 environ, et paraît âgé de 30. Il est de corpulence moyenne, cheveux châtains coupés en brosse, les yeux gris, nez rectiligne, visage rond et osseux, mauvaise dentition à la mâchoire supérieure. Il est vêtu d’un blouson en étoffe bleu-marine, d’une culotte usagée en coutil gris, d’un tricot de corps bleu-marine déteint. Il est chaussé de pantoufles en drap à carreaux noirs, marrons et blancs, semelles caoutchouc. Il a été découvert porteur de deux mouchoirs blancs genre troupe. » D’après le rapport du médecin légiste, le corps de Georges Drevon portait cinq blessures par balles : une à la tête (au niveau de l’oreille droite), deux au cou et deux plus superficielles dans la région lombaire et à la cuisse gauche. Il fut identifié grâce à ses empreintes retrouvées sur un fiche de la maison d’arrêt de Bourgoin-Jallieu. Le 12 juillet 1944, il fut également reconnu par sa sœur Marcelle Drevon, épouse Pasdelou, qui déclara à la police : « Lorsque les photos des victimes m’ont été présentées la première fois [le 24 juin 1944] je n’avais reconnu que mon mari. Toutefois depuis, ayant appris par la Croix Rouge que le colis du 20 juin envoyé à mon frère détenu à Montluc avait été renvoyé, j’ai demandé à examiner une seconde fois les photographies. Je suis formelle quant à la reconnaissance à laquelle j’ai procédé au cours d’un examen plus attentif des photos. Lorsqu’il a été arrêté, mon frère était en train de se faire placer des dents artificielles ce qui explique qu’il lui manque un aussi grand nombre de dents ainsi qu’on peut le remarquer sur la photo. Par ailleurs la liste des effets trouvés sur lui correspond bien au linge et aux vêtements et aux pantoufles que je lui avais adressés à Montluc. » Le procès-verbal de reconnaissance du corps fut rédigé le 15 décembre 1944 au Service régional d’identité judiciaire de Lyon.
Georges Drevon fut homologué FFI. Il obtint le titre d’interné résistant et la mention Mort pour la France. Son nom est gravé sur la plaque commémorative située à Lissieu, en bordure de la route départementale 306 (anciennement route nationale 6). Son nom apparaît également sur le monument aux morts de Charvieu-Chavagneux.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W901, 3460W2, 3460W4, 3335W22, 3335W8. — SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P. — Mémoire des Hommes. — Mémorial Genweb.

Jean-Sébastien Chorin

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