Né le 12 octobre 1908 à Lyon (IIIe arr., Rhône), massacré ou exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Toussieu (Isère, Rhône) ; électricien.

GOÏA Eugène, Désiré
GOÏA Eugène, Désiré
Arch. Dép. Rhône, 3335W12
Eugène Désiré Goïa était le fils de Pierre Goïa, tanneur, et de Suzanne, Frédégonde, Claire Vergnano, tous deux originaires d’Italie. Il nacquit et vécut sa jeunesse au 72 rue Paul Bert (Lyon, Rhône). Il était le benjamin d’une fratrie de cinq enfants. En 1927, Eugène Goïa était ébéniste. Le 22 mars 1927, il s’engagea dans l’armée pour deux ans. Le 31 mars il fut incorporé dans le 3e régiment de spahis en Algérie. Il revint en France en mars 1929. Le 23 avril 1932, Eugène Goïa épousa Marthe Pawloff à Lyon (Ve arr.). Les époux Goïa demeurèrent à Lyon (Ier arr.), 8 rue de Flesselles puis 14 rue Terraille. Eugène Goïa exerça la profession d’électricien. Le 3 février 1938, il fut déclaré en état de faillite par jugement du tribunal de commerce de Lyon.
En 1939, Eugène Goïa fut mobilisé. Il fut affecté au dépôt de cavalerie 34. Le 16 mars 1940, il passa au 98e groupe de reconnaissance de division d’infanterie.
En 1944, Eugène Goïa était électricien. Il demeurait 72 rue Paul Bert et avait un enfant.
Le 11 juin 1944, il fut arrêté à Lyon pour un motif inconnu. Il fut conduit à la prison de Montluc (Lyon) et incarcéré dans le « Réfectoire ».
Le 12 juillet 1944, vers 17 heures, Eugène Goïa et vingt-sept autres détenus furent extraits « sans bagage » de Montluc. Ils furent conduits à Toussieu (Isère, Rhône), au lieu-dit la Perrière, dans un chemin reliant la route départementale 318 au Bourg de Toussieu, puis ils furent exécutés. Une femme fut témoin du massacre : « vers 18h20, je me trouvais dans un champ lorsque je vis arriver un convoi composé de trois voitures dont deux tractions avant et une camionnette. Quelques temps après je vis descendre des Allemands en uniforme, armés de mitraillettes. Aussitôt suivirent des hommes en civil, enchaînés deux par deux. Les Allemands les firent agenouiller dans le pré, la face tournée du côté opposé à eux. Trois Allemands se placèrent à quelques mètres derrière le groupe et tirèrent des rafales de mitraillettes. Ensuite ils les achevèrent individuellement d’un coup de revolver. […] La fusillade terminée les Allemands montèrent dans les voitures et s’en allèrent. »
Le 14 juillet 1944, les vingt-huit corps furent inhumés au cimetière de Toussieu « en présence d’une foule considérable ».
Le corps d’Eugène Goïa fut décrit ainsi : cheveux châtains moyens, forte corpulence, complet gris, chemisette indémaillable bleue claire, maillot de corps blanc, ceinture en cuir jaune, peigne écaille blanc, sandales en cuir. Il fut identifié le 18 octobre 1945 par sa femme. Libéré le 24 août 1944, Paul Chapas, l’un des détenus du « Réfectoire », rapporta l’alliance et la valise d’Eugène Goïa à sa veuve.
Il obtint la mention Mort pour la France. Son nom apparaît sur le monument rendant hommage aux vingt-huit fusillés de Toussieu. Le corps d’Eugène Goïa fut inhumé à la nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne, Rhône), carré F, rang 5, tombe 61.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W642, 3460W4, 3335W29, 3335W12, 3335W26, 3335W14, 1RP2054, 6MP534, 6MP575.— Mémorial Genweb.— Mémoire des Hommes.— État civil.

Jean-Sébastien Chorin

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