Né le 6 octobre 1923 à Bléré (Indre-et-Loire), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; résistant AS.

Il était le fils d’Alexis, Eugène Champion et d’Amélie Thiélin. Il résidait à Châteauroux chez ses parents au début des années 40. Célibataire, il fut en 1943 réfractaire au Travail obligatoire (STO). Il se cacha alors vraisemblablement en Creuse dans la région de Bourganeuf. Il s’engagea dans la Résistance le 6 juin 1944 au sein du bataillon Chateignier de l’Armée Secrète de la Creuse. Ce bataillon comprenait les unités AS du secteur de Bourganeuf sous le commandement de Frédéric Chateignier. Roger Champion appartenait peut-être à la compagnie Chaumeil qui intervint à Guéret le 7 juin 1944. Un rapport rédigé en 1963 à la demande du préfet de la Creuse (dossier AVCC op. cit.) précise les circonstances de son engagement et de son décès : « Des renseignements recueillis, il ressort que l’intéressé, à l’époque, était membre des FFI et appartenait à l’AS Creuse. Il dépendait d’un groupe de maquisards… qui prit part, début juin 1944, aux combats pour la Libération de Guéret. Devant la poussée allemande, ces résistants reçurent l’ordre, le 9 juin 1944, de se replier sur le camp FFI de Belleseauve [Bellesauves], commune de Janaillat. Afin de quitter rapidement le secteur opérationnel de Guéret, ils prirent place dans plusieurs camions et empruntèrent la RN 140 pour rejoindre leur point de repli. En arrivant au lieu-dit Poteau de Combeauvert, deux de ces véhicules transportant une trentaine de FFI, parmi lesquels se trouvait Champion Roger, se heurtèrent à des éléments précurseurs d’une formation blindée SS…Au moyen de leurs armes automatiques, les Allemands les obligèrent à stopper. Ils firent alors descendre leurs occupants, les contraignirent à s’aligner sur le bord de la route et ensuite les passèrent par les armes ». Malgré quelques imprécisions, ce rapport établit clairement la participation de Roger Champion au convoi dit des FTP qui était donc plus hétérogène que les historiens ne l’ont longtemps cru. Il fut donc victime à Combeauvert du 3ème bataillon du régiment Der Führer de la division Das Reich.
Il obtint la mention mort pour la France et le titre d’interné résistant. Son nom figure à Châteauroux (Indre) sur la plaque commémorative 1939 – 1945 à l’intérieur de l’ancienne mairie (aujourd’hui conservatoire de musique). Il figure aussi sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : Dossier AVCC Caen 21 P 724923 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémorial genweb — Mémoire des Hommes — État civil, mairie de janaillat.

Michel Thébault

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