À Saint-Jean-Brévelay, l’école Notre-Dame du bourg, ainsi que les villages de la Petite métairie et de Quillio, où neuf résistants furent exécutés au cours de l’été 1944, font partie des nombreux lieux de mémoire de la Résistance qui jalonnent le département du Morbihan.

Sur la façade de la Maison des associations
Sur la façade de la Maison des associations
Plaque initialement apposée sur la façade de l’école Notre-Dame
Sur le monument-sépulture du cimetière
Sur le monument-sépulture du cimetière
Sur la stèle de Quillio
Sur la stèle de Quillio
Sur la stèle de la Petite métaierie
Sur la stèle de la Petite métaierie
Dans la cour de la caserne Gendarme Dagorne
Dans la cour de la caserne Gendarme Dagorne
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Dès 1942, la ferme de Saint-Thuriau en Saint-Jean-Brévelay, appartenant à la famille Le Calonnec, hébergea des agents du réseau Confrérie Notre-Dame (CDN) qui y installa en novembre 1943 son opérateur-radio, Georges Camenen [pseudonyme dans la Résistance : Guyomarc’h]. À la suite d’une dénonciation, de nombreuses arrestations suivies de déportations mirent fin à l’activité de ce réseau à Saint-Jean-Brévelay en février-mars 1944.

École Notre-Dame-Maison des associations
Au cours de l’été 1944, plusieurs résistants ont été incarcérés et torturés dans les locaux de l’école Notre-Dame de Saint-Jean-Brévelay, située en face de la mairie, qui avait été réquisitionnée par la Police allemande. Armande Morizur, arrêtée à Plumelec le 27 juin 1944 y fut incarcérée et torturée à mort le 28 juin 1944.
Après la guerre une plaque a été apposée sur la façade de cette école qui porte l’inscription :
« À la mémoire des résistants incarcérés et martyrisés en ce lieu par les nazis en 1944.
Morts pour la France - N’oublions pas »
Cette plaque a été déposée et conservée dans la mairie de Saint-Jean-Brévelay lors de la destruction de cette école. Elle a été réinstallée sur la façade de la Maison des associations inaugurée en 2018 à l’emplacement de l’école.

Le village de la Petite métairie
Le dimanche 9 juillet 1944, cinq à six-cents soldats allemands encerclèrent le bourg de Saint-Jean-Brévelay à la sortie de la première messe. Les agents du SD venus de Locminé (Morbihan), qui avaient établi une liste des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), procédèrent à une vérification d’identité de tous les hommes. Soixante-dix-sept habitants de Saint-Jean-Brévelay furent arrêtés et conduits au siège du SD installé dans l’école publique de filles de Locminé, pour y être interrogés. À la suite des interrogatoires, une vingtaine d’entre eux y furent incarcérés.
Le 11 juillet 1944 vers 17 heures, Eugène Le Calonnec, Jean Le Gal, Louis Le Moing et le gendarme Antoine Dagorne, détenus au siège du SD à Locminé, furent conduits à la ferme de la Petite métairie en Saint-Jean-Brévelay, dont le fermier, Auguste Gillet, avait été exécuté le 29 juin 1944 au Cosquer en Plaudren (Morbihan). Après avoir pillé et incendié la ferme, les Allemands jetèrent dans le brasier Antoine Dagorne, Jean Le Gal, Eugène Le Callonnec et Louis Le Moing.
Après la guerre, une stèle surmontée d’une Croix de Lorraine a été érigée près de la ferme sur laquelle leurs noms ont été gravés dans la pierre. Ces noms étant devenus presque illisibles, une plaque a été scellée au pied de cette stèle qui porte l’inscription :

« À la mémoire des Résistants
- Antoine DAGORNE 31 ans Gendarme à Saint-Jean-Brévelay
- Jean LE GAL 27 ans de Quimpé en Saint-Jean-Brévelay
- Eugène LE CALLONNEC 23 ans de Saint-Aubin en Plumelec
- Louis LE MOING 38 ans de Carnac »
exécutés dans ce village le 11 juillet 1944
- Auguste GILLET 38 ans habitant ce village
fusillé au Cosquer en Plaudren le 29 juin 1944 »

Le village de Quillio
À Quillio en Saint-Jean-Brévelay, sur le bord de la D 1 en direction de Bignan (Morbihan), se dresse une stèle de pierre sur laquelle est dessinée une Croix de Lorraine et qui porte l’inscription :
« À la mémoire de
- CARLACH Joseph de Poissy (FFI, tué au combat à Quillio le 27 juillet 1944)
- L’HERMITE Albert du Croisty (FFI, tué au combat à Quillio en août 1944 ?)
- OLICHON Pierre de Pluvigner (en réalité OLLICHON Pierre, FFI exécuté le 1er août 1944 à la Croix de Quillio)
- Un inconnu découvert dans ce bois
- Mme MORIZUR de Plumelec découverte dans la lande de St-Jean
victimes des Allemands en juillet 1944 »

Le monument du cimetière
Le 13 juillet 1944, neuf hommes arrêtés le 9 juillet à Saint-Jean-Brévelay furent remis en liberté. Des soldats allemands et des miliciens bretons du Bezen Perrot conduisirent les six derniers détenus, Henri Cadieu, Maurice Martin, Armel Martin, Émile Lanco, et Roland Brulé de Saint-Jean-Brévelay, ainsi que Laurent Le Maire de Carnac, jusqu’à la carrière du Bréneuh en Plumelin (Morbihan) où ils furent exécutés sommairement. Selon le docteur Devau, Maurice Martin a été enterré vivant et achevé par une grosse pierre qui lui a fracassé la tête.
Les cinq habitants de Saint-Jean-Brévelay exécutés à Plumelin ont été inhumés dans le cimetière de Saint-Jean-Brévelay où un monument a été érigé.
Sur une imposante stèle en pierre surmontée d’une croix de Lorraine, sont scellées deux plaques commémoratives.
La plaque scellée au sommet de la stèle porte l’inscription :
« 1939-1945
Saint-Jean-Brévelay
à ses victimes de la Résistance »
Sur la plaque scellée au pied de la stèle sont inscrits sur deux colonnes, les noms des fusillés, exécutés, morts en déportation de la commune.
Sur la colonne de droite :
« Ici reposent
- BRULÉ Roland 13.7.44 à Plumelin
- CADIEU Henri 13.7.44 à Plumelin
- GILLET Auguste 28.6.44 à Plaudren
- LANCO Émile 13.7.44
- LE GAL Jean 11.7.44 à la Petite métairie
- MARTIN Armel 13.7.44 à Plumelin
- MARTIN Maurice 13.7.44 à Plumelin
- Un INCONNU découvert au Bois du Quillio
Fusillés par les Allemands »
Sur la colonne de gauche :
« À la mémoire de
- DAGORNE Antoine fusillé, 11.7.44 à la Petite métairie
- DUVAL Louis déporté décédé le 5.4.45 à Buchenwald
- LE CALONNEC Jean
- LE CALONNEC Math. (Mathurin)
- MANDART Aimé
déportés 13.12.44 et décédés à Neuengamme 26.12.44
- NIO Joachim fusillé, 24.7.44 à La Brosse-Monceau (Seine-et-Marne) »

La caserne Gendarme Dagorne
À l’occasion du 70e anniversaire de son exécution, le nom du gendarme Antoine Dagorne a été donnée à la caserne de gendarmerie de Saint-Jean-Brévelay implantée rue du stade.
Une plaque commémorative scellée sur une petite stèle qui se dresse à l’entrée de la gendarmerie porte l’inscription :
« Caserne Gendarme DAGORNE
Né le 01/12/1912 – Décédé le 11 juillet 1944
Caserne baptisée le 11/07/2014 »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 41 J 46 et 47 et 88 J 1. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux, Imprimerie La Limitrophe, 1991. — Kristian Hamon, Le Bezen Perrot : 1944, des nationalistes bretons sous l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2005 et Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Morbihan-Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse-Bretagne-Quéven-Morbihan, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Saint-Jean-Brévelay ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil de Saint-Jean-Brévelay.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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