Né le 23 mai 1912 à Sin-le-Noble (Nord), mort en août 1941 à Douai (Nord) abattu par les Allemands ; ouvrier d’usine ; militant syndicaliste et communiste, membre de la commission exécutive de la Fédération nationale CGT des produits chimiques.

Enfant naturel, Emmanuel Charlet fut élevé par sa mère et travailla dans une usine de produits chimiques dès sa sortie de l’école primaire. Membre des Jeunesses communistes, il fut condamné pendant son service militaire à deux mois de prison pour avoir lu l’Humanité à l’intérieur de la caserne. Embauché dès sa libération à l’usine chimique de Waziers (Nord), il y organisa un syndicat CGTU. Emmanuel Charlet fut, avec M. Tourbier l’un des principaux meneurs des grèves de 1936 dans la région de Douai. Secrétaire permanent du syndicat réunifié des Produits chimiques du Douaisis de 1936 à 1939, il siégea pendant la même période à la commission exécutive de la Fédération nationale des Produits chimiques CGT. Mobilisé en 1939, entraîné dans la débâcle, Emmanuel Charlet se retrouva à Bordeaux en octobre 1940. Il quitta cette ville après un bref séjour et parvint à regagner clandestinement le Nord avec sa famille et travailla à l’usine Arbel d’où il fut renvoyé après quelques semaines.
Il fit partie, dans l’été 1940, du collectif dirigeant le Parti communiste reconstitué dans le Douaisis avec Germinal Martel, Jules Domisse et Jules Bridoux. Il assura la structure du secteur du Douaisis à partir du printemps 1941 avec notamment Suzanne Blin, épouse Lanoy*. Il participa également à la création de comités syndicaux destinés à se substituer aux syndicats « vichystes ». Le 21 août 1941, la Gestapo vint pour l’arrêter à son domicile de Sin-le-Noble. Armé, E. Charlet tenta de s’enfuir : il parvint à tuer un Allemand, mais fut abattu par un Feldgendarme. Grièvement blessé, il fut transporté à l’hôpital de Douai où il aurait été torturé. Il mourut quelques jours plus tard. La Gestapo avait trouvé à son domicile un important rapport sur « la Région du Nord » dressant un bilan précis des actions de sabotage, des grèves et des contacts pour la formation d’un Front national. Le document était signé : « le responsable de la région du Nord, Charlet ». (Arch. Tasca, renseignement communiqué par D. Peschanski).
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 595/35. — Arch. Tasca, Fondation Feltrinelli. — Arch. Musée de la Résistance à Denain. — Jean-Marie Fossier, Nord-Pas-de-Calais, zone Interdite. Mai 1940-Mai 1945, Éditions sociales, 1977. — J. Dandoit, mémoire de maîtrise, Lille III, 1973.

Odette Hardy-Hémery, Yves Le Maner

Version imprimable