Né le 3 août 1916 à Hardricourt (Seine-et-Oise, Yvelines), exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Plumelec (Morbihan) ; FFL - SAS.

François Martin
François Martin
SOURCE  : Site FFL-SAS
Sur le monument aux morts 1939-1945</br> de Plumelec
Sur le monument aux morts 1939-1945
de Plumelec
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Cénotaphe de François Martin à Plumelec
Cénotaphe de François Martin à Plumelec
Sur le monument aux morts 1939-1945</br> de Plumelec
Sur le monument aux morts 1939-1945
de Plumelec
Sur le monument de Kérihuel en Plumelec
Sur le monument de Kérihuel en Plumelec
Le mémorial international des SAS</br> à Sennecey-le-Grand
Le mémorial international des SAS
à Sennecey-le-Grand
SOURCE : Site 22sas12.over-blog.com
Jean Martin était le fils de Louis Marie Aimé Ferdinand Martin, industriel, et de Louise Jeanne Bourgeois. Célibataire, il était domicilié au château d’Hardricourt (Seine-et-Oise).

Élève aux Beaux-Arts, François Martin effectua son service militaire par devancement d’appel dans le 6e Bataillon de chasseurs alpins (6e BCA) à Grenoble. Il participa avec le grade de sergent à l’expédition de Norvège et aux combats de Narvik en avril-mai 1940. Évacué sur la Grande-Bretagne en juin 1940, il décida de ne pas rentrer en France et se rallia à la France libre en juillet 1940. Il fut chargé de l’instruction des recrues des Forces françaises libres (FFL) à Camberley. Affecté en octobre 1941 au Moyen-Orient, il intégra le 1er Bataillon de marche (1er BM) à Beyrouth. Il rejoignit à sa demande les parachutistes du French Squadron sur la base de Kabret en Égypte et il participa à de nombreuses opérations en Égypte, en Libye et en Tunisie.

De retour en Grande-Bretagne, devenu compagnon de la Libération par décret du 25 mars 1943, il fut décoré en avril à Camberley de la Croix de la Libération par le général de Gaulle. Élevé au grade de lieutenant, il fut affecté au 2e Régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special Air Service) du commandant Bourgoin, qui fut parachuté en Bretagne à partir du 6 juin 1944. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne. De nombreux résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel (Morbihan) qui fut attaqué en force par la Wehrmacht le 18 juin 1944. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI-FTPF se replièrent en bon ordre et se dispersèrent. Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sécurité de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens bretons du Bezen Perrot, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

François Martin fut parachuté dans la nuit du 9 au 10 juin 1944 près de la base Samwest à Duault (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor). Lorsque le 12 juin 1944 la base Samwest fut attaquée, il se replia dans le Morbihan, où le 19 juin 1944 il rejoignit à Plumelec ses camarades SAS de la base Dingson qui venaient de livrer combat à Saint-Marcel et se plaça sous les ordres du capitaine Pierre Marienne. Obligés de se déplacer de cache en cache, dans les bois de Callac en Plumelec, à la ferme du Pelheu en Plumelec puis à la ferme du Quénelec entre Guéhenno et Saint-Jean-Brévelay, ils décidèrent le 10 juillet 1944 de s’installer dans un lieu jugé plus sûr, à Kérihuel en Plumelec, où ils furent conduits par un groupe de FFI commandé par le lieutenant Eugène Morizur.
Le 12 juillet 1944 à l’aube, un détachement d’agents du SD et d’agents français de la FAT 354 surprit les SAS et les FFI dans leur sommeil. Dix-huit hommes, contraints de s’allonger sur le sol furent exécutés sur l’aire de battage de la ferme :
- sept parachutistes SAS : le capitaine Pierre Marienne qui fut tué le premier, le lieutenant François Martin, les sergents Jean Marty et Jacques Mendès-Caldas, Albert Bletterie, Fernand Beaujean et Louis Hanicq ;
- huit combattants FFI : le lieutenant Eugène Morizur,, Henri Denoual, Raymond Garaud, André Gondet, Georges Grignon, Pierre Le Bomin, Emmanuel Le Breton et Henri Louail ;
- trois cultivateurs de Kérihuel : Alexandre Gicquello, son fils Rémy Gicquello, et Fernand Danet, accusés de les avoir hébergés.

Le drame de Kérihuel fut lourd de conséquences. L’agent français Maurice Zeller, qui dirigeait la FAT 354, découvrit près de la tente des officiers SAS des documents, dont le cahier sur lequel Pierre Marienne, peu habitué aux noms bretons et peu sûr de sa mémoire, avait consigné les dépôts d’armes, les noms et adresses de personnes sûres, les caches des groupes de parachutistes. Dans les jours qui suivirent, une répression sauvage s’abattit sur les SAS, les FFI et sur les cultivateurs qui les hébergeaient./bR>
Sur le registre de l’État-civil de Plumelec, l’acte de décès numéro 44 fait mention de la découverte le 13 juillet 1944 au village de Kérihuel, immédiatement au nord de la maison de M. Gicquello, du corps d’un individu de sexe masculin inconnu dont le décès semblait remonter à environ trente-six heures. Par un jugement du tribunal civil de Ploërmel rendu le 21j uin 1945 et retranscrit en mairie de Plumelec le 25 septembre 1945, ce corps a été reconnu comme étant celui de François Martin.
Il a été initialement inhumé dans le cimetière de Plumelec, puis au pied du monuments 1939-1945 de cette commune, puis il a été transféré en septembre 1948 dans le cimetière communal d’Hardricourt (Yvelines).
François Martin a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homlogué FFL. Compagnon de la Libération et chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, il est titulaire de nombreuses décorations : Croix de guerre 1939-1945, Croix de guerre norvégienne, Médaille coloniale avec agrafes Libye, Tripolitaine, Fezzan et Tunisie, Médaille de la Résistance avec rosette. La promotion 204 (12e Compagnie, avril-juillet 1982) des élèves officiers de réserve du 4e Bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr a choisi le lieutenant Martin-Bourgeois comme parrain.

Dans le Morbihan, au pied du monument aux morts 1939-1945 de Plumelec subsiste le cénotaphe de François Martin portant l’inscription :
« Les aspirants de la promotion lieutenant Martin-Bourgeois à leur parrain »
Son nom est inscrit sur la plaque « Parachutistes » de ce même monument aux morts, ainsi que sur le monument commémoratif de Kérihuel et sur le mémorial des parachutistes SAS de la France libre érigé près du moulin de La Grée.
Il figure aussi sur le mémorial international des SAS à de Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire).
Dans les Yvelines, son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Hardricourt qui se dresse sur la place dénommée « place du lieutenant François Martin » depuis le 14 juillet 1945. À proximité, une stèle honore la mémoire de François Martin et celle d’un sergent américain, Elmo Penton, tué à Hardricourt le 28 août 1944.
Sources

SOURCES : SHD, Vincennes, Al 1Mi 28 593 et GR 16 P 397566. — Henry Corta, Les Bérets rouges, Amicale des anciens parachutistes SAS, Société nationale des entreprises de presse, 1952. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945 (photo), Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux (photo), Imprimerie La Limitrophe, 1991. — Kristian Hamon, Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance (photo), Imprimerie Basse-Bretagne, Quéven, 2013. — Site Internet FFL-SAS (photo). — Site Internet de l’Ordre de la Libération. — Mémorial GenWeb. — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Hardricourt (acte de naissance) ; Plumelec (acte de décès et transcription du jugement du tribunal civil de Ploërmel)

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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