Né le 17 mai 1895 à Tunis (Tunisie), guillotiné le 25 août 1944 à Halle an der Saale (Saxe-Anhalt, Allemagne) ; capitaine de la marine marchande ; travailleur en Allemagne ; agent de renseignements.

René Varéon de Chabannes naquit officiellement à Tunis le 17 mai 1895 mais en réalité il pourrait l’avoir été en pleine mer le 17 mai 1893 au cours d’une traversée maritime à bord de l’Isly entre la France et la Tunisie.
Après ses études secondaires, il entra dans une école de la marine marchande puis ayant réussit son examen, il navigua avec le grade de capitaine pour le compte d’un armateur du nom de Schiaffino. En 1914, il fut rappelé dans la marine de guerre et participa à l’expédition des Dardanelles en 1915 avec le grade de lieutenant. Démobilisé à la fin de la guerre, il retrouva son emploi chez Schiaffino. Après le décès de son épouse dans un accident d’automobile près de Constantine (Algérie), il se remaria en 1927. Le sort s’acharnera car son fils aîné sera tué à Dunkerque en 1940 et sa seconde épouse qui était médecin à l’hôpital temporaire de Boulogne, perdit la vie en 1942 dans un bombardement de la ville avec leurs deux enfants. Il se retrouva au chômage, endetté et interdit de séjour dans plusieurs départements. C’est sans doute à cause de cela qu’il partit travailler en Allemagne début mai 1942 et fut envoyé à Kiel. Il résidait au camp de Wattenbeck où il se fit passer à tort ou à raison pour un agent des services de renseignement du général de Gaulle ce que les autres français prenaient pour de la vantardise. Ayant fait la demande à plusieurs reprises auprès des autorités allemandes pour devenir marin, il finit par être placé sur le "Jeverland" puis sur le "Poel", pétroliers affrétés par la marine de guerre. Ayant fait la connaissance de Robert Bezin et Jean Voranger qui étaient aussi au camp, il leur trouva du travail aux chantiers navals puis sur des navires. Il embarqua lui-même le 13 novembre 1942 sur le "Wilhelm" à Hambourg et sillonna les côtes de Norvège. Il résida alors au camp de Speckenweg, à Kiel-Dietrichsdorf. Ayant pris connaissance des destinations de ses deux compagnons, il leur demanda de profiter de leurs voyages sur les côtes pour noter des informations sur les installations de défense côtières et sur les bases de sous-marins et d’hydravions et d’en dresser des plans. Robert Bezin et Jean Voranger s’acquittèrent au mieux de leur tâche réalisant un travail précis sur les sites de Tromsø, Bodø, Ǻlesund et Kristiansand. Ces activités étaient connues au camp et des indicateurs infiltrés parmi les travailleurs dénoncèrent les trois hommes. Robert Bezin et Jean Voranger furent arrêtés le 22 janvier 1943. René de Chabannes fut appréhendé le 5 février 1943 par la Gestapo de Kiel. Le 27 septembre 1943, après avoir subi une visite médicale, il fut envoyé sur ordre de la Gestapo, à la clinique de Kiel puis à l’hôpital de Kronshagen (Schlewig-Holstein). Il fut ensuite transféré à la prison de Fort Zinna, à Torgau (Saxe) et jugé avec ses deux compagnons le 6 juillet par le 2e Senat du Tribunal de guerre du Reich, présidé par le juge Otto Barwinski. Ils furent condamnés à la peine de mort sous l’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie. Le jugement fut confirmé le 20 juillet 1944 par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre. René de Chabannes et ses deux coinculpés, Robert Bezin et Jean Voranger, furent conduits à la prison Roter Ochse , à Halle an der Saale le 24 août 1944 et guillotinés le 25 août à 17h00. L’acte de décès de Robert Bezin porte la mention « Arrêt cardiaque brutal et arrêt de la respiration ». Son corps fut incinéré le 28 août et l’urne contenant ses cendres fut inhumée le 27 octobre 1944 au Gertraudenfriedhof, à Halle. Elle fut exhumée le 6 novembre 1946 et les cendres furent ramenées en France par l’intermédiaire du Centre de dispersion national des urnes de Strasbourg. René Varéon de Chabannes fut inhumé définitivement le 1er octobre 1953 à la nécropole nationale de Montauville (Meurthe-et-Moselle).
Sources

SOURCES : Auguste Gerhards, Tribunal de guerre du IIIe Reich, éd. du Cherche midi, Paris 2014.

Jean-Louis Ponnavoy

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