Né le 24 août 1921 à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), massacré ou exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Toussieu (Isère, Rhône).

Jean, François Guers était le fils d’Eugène et d’Antoinette Cisterne. Eugène Guers fut ouvrier d’usine et lamineur. Les Guers demeuraient en Meurthe-et-Moselle. Ils vécurent successivement à Neuves-Maisons, à Chaligny, où naquit la sœur de Jean Guers en 1924, et à Chavigny.
Étant donné son année de naissance, Jean Guers était vraisemblablement réfractaire au Service du travail obligatoire (STO). Peut-être était-il résistant. Sa fausse identité, ou son « nom de guerre » selon les termes de sa mère, était Jean Pasquier.
Le 6 juin 1944, Jean Guers fut arrêté à Saint-Jean-en-Royans (Drôme). Transféré à Lyon (Rhône), il fut incarcéré à la prison de Montluc.
Le 12 juillet 1944, Jean Guers et vingt-sept autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Toussieu (Isère, Rhône), au lieu-dit la Perrière, dans un chemin reliant la route départementale 318 au Bourg de Toussieu, puis ils furent exécutés. Une femme fut témoin du massacre : « vers 18h20, je me trouvais dans un champ lorsque je vis arriver un convoi composé de trois voitures dont deux tractions avant et une camionnette. Quelques temps après je vis descendre des Allemands en uniforme, armés de mitraillettes. Aussitôt suivirent des hommes en civil, enchaînés deux par deux. Les Allemands les firent agenouiller dans le pré, la face tournée du côté opposé à eux. Trois Allemands se placèrent à quelques mètres derrière le groupe et tirèrent des rafales de mitraillettes. Ensuite ils les achevèrent individuellement d’un coup de revolver. […] La fusillade terminée les Allemands montèrent dans les voitures et s’en allèrent. »
Le 14 juillet 1944, les vingt-huit corps furent inhumés au cimetière de Toussieu « en présence d’une foule considérable ».
Le corps de Jean Guers fut décrit comme suit : cheveux châtains clairs, sourcils réunis, petit nez, chemise bleue type aviation, blouson en cuir avec fermeture éclair type chantiers de jeunesse, pantalon en coutil gris rayé blanc et noir, chaussettes tricotées en laine blanche, chaînette en métal blanc avec deux médaillons représentant saint Christophe et le Christ, un mouchoir à carreaux. Il fut identifié le 31 août 1945 par son père.
Son nom apparaît sur le monument commémoratif de Toussieu rendant hommage aux vingt-huit fusillés du 12 juillet 1944.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W642, 3460W4, 3335W29, 3335W17.— Arch. Dép. Meurthe-et-Moselle, 6M33/122, 6M33/396, 6M33/110.— Mémorial Genweb.

Jean-Sébastien Chorin

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