Né le 12 juin 1897 à Corte (Corse), exécuté sommairement le 18 juin 1944 à Roche (Isère) ; ingénieur, chef de service à la Société Générale de Force et Lumière, Lieutenant de réserve ; résistant de l’Armée secrète, homologué Lieutenant des Forces françaises de L’Intérieur à titre posthume et interné résistant (D.I.R.)

Avenue Nivaggioli à Sainte-Colombe (Rhône)
Avenue Nivaggioli à Sainte-Colombe (Rhône)
Raoul NIVAGGIOLI
Raoul NIVAGGIOLI
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc
Raoul, Antoine, Mathieu Nivaggioli était le fils de Jean Nivaggioli, instituteur, et d’Angèle, Marie Valery, institutrice.
Lors de la guerre de 1914-1918, il fut incorporé dans l’artillerie le 12 janvier 1916, et intégra l’école d’artillerie de Fontainebleau le 18 février 1918. Il en sortit aspirant le 26 mai puis sous-lieutenant à titre temporaire le 10 avril 1919 et à titre définitif dans la réserve le 12 décembre 1922. Il fut promu lieutenant de réserve à compter du 12 août 1924.
Il fut cité à l’ordre de l’Armée et décoré de la Croix de guerre 1914-1918.
Il était diplômé ingénieur électricien de l’école d’ingénieurs de Marseille (E.I.M.).
Après avoir séjourné quelques temps en Tunisie, il arriva en 1932 dans la région lyonnaise.
En 1937, il devint ingénieur chef de zone à la société Force et Lumière. Les locaux se trouvaient 5 boulevard de la République à Vienne (Isère).
Il avait épousé Laure, Thérésa, Henriette Baroux. Ils eurent huit enfants.
La famille habitait de l’autre côté du Rhône, à Sainte-Colombe (Rhône), chemin des Balmes.
Très attaché à son île natale, il faisait partie de l’amicale des Corses de Vienne dont il prit la présidence.
En relations avec Jean Nocher et le général Cochet, il fut, dès 1941, parmi les premiers membres de « Franc-Tireur » à Vienne.
Il participa également, aux côtés de Lucien Hussel et de Georges Oudard, à la création du journal clandestin « La France intérieure » et à sa diffusion.
Il appartint au secteur VI de l’Armée Secrète du Rhône à partir du 1er janvier 1943, faisait du renseignement et ravitaillait les maquis. Il devait être nommé commandant à partir du 6 juin 1944.
Il fut arrêté le 25 mai 1944 à 9h30 dans les bureaux de Force et Lumière par des membres de la Gestapo accompagnés de miliciens, venus de Lyon, et qui voulaient mettre un terme aux activités de résistance à Vienne.
Conduit à la caserne Rambaud à Vienne, il fut transféré dans la soirée à l’école de santé militaire de Lyon, siège de la Gestapo, et emprisonné dans les caves.
Le lendemain, un bombardement aérien allié, visant les installations ferroviaires lyonnaises, détruisit le bâtiment.
Il fut alors transféré à la prison de Montluc et affecté à la cellule 31.
Un de ses compagnons de cellule, le R. P. Hermann, de l’abbaye de N.D. des Dombes (Ain) , raconta à sa libération : «  Il apportait dans notre cellule la joie et le soleil… avec lui on oubliait nos souffrances. Il savait tout prendre du bon côté, nous encourageait… »
Le 18 juin 1944, Raoul Nivaggioli et dix-neuf autres détenus furent extraits de la prison de Montluc et sommairement exécutés par des soldats allemands au lieu-dit la Croix-Châtain à Roche (Isère).
Son frère Alfred le reconnut le 18 septembre 1944 sous le numéro sept parmi les photographies prises le 20 juin par le service de l’identité judiciaire de Lyon.
Ses obsèques eurent lieu le 23 septembre 1944. Le cortège partit des locaux de Force et Lumière où le corps avait été déposé.
Des nombreuses personnalités étaient présentes : le maire de Vienne, Lucien Hussel, le sous-préfet, plusieurs représentants de Force et Lumière, des notables.
Le cercueil était suivi par dix énormes gerbes portées par des FFI.
Raoul Nivaggioli fut enterré à Sainte-Colombe.
Il obtint la mention « Mort pour la France » le 3 avril 1945 et le titre d’interné résistant le 25 septembre 1963.
Il fut décoré de la médaille de la Résistance à titre posthume.
Son nom figure sur le monument commémoratif érigé sur le lieu des exécutions et sur le monument aux morts de Sainte-Colombe.
Par délibération du 3 mars 1945, le conseil municipal de Sainte-Colombe décida, sur proposition du maire, de renommer « Avenue Raoul Nivaggioli » le chemin des Balmes.
Voir Roche
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression (3808 W 0591 et 3808 W 0601), 3335 W 22, 3335 W 9 — SHD, Vincennes, GR 19 P 69/17 ; GR 16 P 445484 — Médiathèque « Le Trente », Vienne, fonds patrimonial, fonds Dufroid.— Vienne Libre, 23 septembre 1944 et 11 novembre 1944.— L’Avenir de Vienne, n°24, avril-mai 1945.— Jean-Daniel Berger, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère, tome 1, Juin 1940-juin 1944, tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges), 2001.

Jean-Luc Marquer

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