Né le 7 août 1907 à Tomaszów Mazowiecki (Pologne), de nationalité polonaise, exécuté sommairement le 12 juin 1944 à Dagneux (Ain) ; tailleur ; résistant.

Majer, dit Max, Belfer était le fils d’Abram (Abraham), Lejbus Belfer et de Maryia (Marjem) Lejblangman. Il était marié à Ruchla Leja Malacinski et avait un enfant. Juif polonais, il s’exila en France et s’installa à Paris. Il demeura 20 rue Chabrol (Xe arr.) et exerça la profession de tailleur. Le 25 juin 1942, son frère Israël Belfer, également tailleur à Paris, fut déporté à Auschwitz par le convoi numéro 4 au départ de Pithiviers. Il décéda à Auschwitz le 16 août 1942.
Le 6 juin 1944, Max Belfer fut arrêté par la Gestapo. D’après son beau-frère Maurice Malacinski, il fut appréhendé en raison de sa participation à la Résistance. Il fut incarcéré à la prison de Montluc (Lyon, Rhône), dans la « Baraque aux Juifs ».
Le 12 juin 1944, les Allemands firent monter à coups de pieds et de crosses vingt-deux détenus de Montluc dans un camion bâché. Parmi eux se trouvait Max Belfer. Escorté par trois voitures transportant des militaires allemands et des civils, le camion prit la direction de Dagneux (Ain). Le convoi s’arrêta vers 17h30 au lieu-dit Moulin Givry, devant une grande clairière, au bord de la route départementale 22 menant à Pizay (Ain). Les soldats allemands firent descendre les vingt-deux prisonniers du camion sous la menace de leurs armes. Max Belfer et seize autres détenus furent d’abord poussés dans la clairière. Trois soldats les exécutèrent alors à coups de mitraillettes. Un second groupe de cinq résistants fut ensuite mené dans le pré. Quatre d’entre eux furent exécutés, le cinquième échappa à ses bourreaux. Avant de repartir vers Lyon, les militaires tirèrent une balle dans la tête de chaque victime.
Prévenu vers 18h30, le maire de Dagneux fit transporter les corps à la salle des fêtes. Le 13 juin, la police judiciaire de Lyon se rendit sur les lieux. Les policiers numérotèrent, photographièrent, fouillèrent et décrivirent chaque cadavre. Ils découvrirent notamment qu’aucune des victimes ne portait de carte d’identité. On attribua le numéro 3 au corps de Max Belfer. Il fut décrit ainsi : 1m65, cheveux châtains, calvitie prononcée, nez fort, visage rond, corpulence forte, pantalon en lainage gris à rayures blanches, chemise Lacoste en soie bleu marine, espadrilles en toile blanche avec semelles en caoutchouc. Il portait un mouchoir avec l’inscription « E.F. » et une alliance.
Le 14 juin 1944, à 17 heures, les victimes furent inhumées au cimetière de Dagneux.
Le 6 août 1945, Max Belfer fut identifié par son beau-frère Maurice Malacinski, demeurant 3 rue de Palestine (Paris, XIXe arr.).
Son nom apparaît sur le monument rendant hommage aux fusillés du 12 juin 1944 à Dagneux et sur une stèle commémorative située dans le cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine).
Son beau-frère André Malacinski, arrêté le 5 juin 1944 à Lyon, fut massacré à Bron (Rhône) en août 1944.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W82, 3460W1, 3460W4, 3460W2.— Mémorial Genweb.— Site Internet jri-poland.org.— Site Internet du Mémorial de la Shoah.— Site Internet de Yad Vashem.

Jean-Sébastien Chorin

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