Né le 16 mars 1911 à Nantes (Loire-Inférieure, aujourd’hui Loire-Atlantique), exécuté par un soldat allemand le 6 octobre 1943 à Grenoble (Isère) ; ingénieur INPG ; victime civile.

Plaque commémorative Rue de Palanka Grenoble
Source : Photo Gaby André VITINGER, Mémorial GenWeb. Cette photographie est sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0.)
André Abry était le fils d’Albert, mort pour la France en 1916, et de Gabrielle Legout.
Brillant élève, il effectua ses études à l’École des Arts et Métiers d’Angers (Maine-et-Loire) d’où il sortit diplômé ingénieur (médaille d’argent), puis à l’École des Ingénieurs Hydrauliciens de l’Université de Grenoble d’où il sortit major de promotion.
Entre 1932 et 1934, André Abry compléta sa formation à l’Université de Karlsruhe (Allemagne).
Affecté en 1934 à l’École Pratique d’Aviation d’Avord (Cher), il fut breveté observateur puis affecté à la 21ème Escadre d’aviation lourde de défense à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
En 1939, il fut affecté à la 55ème Escadre d’aviation de grande reconnaissance basée à Lyon-Bron (Rhône), puis après la mobilisation, au centre d’instruction de Clermont-Aulnat (Puy-de-Dôme), où il obtint son brevet de commandant d’aviation.
Le 20 janvier 1940, il fut placé en affectation spéciale au laboratoire d’hydraulique des Ateliers Neyret-Beylier et Piccard-Pictet à Grenoble, son employeur depuis 1935.
En 1940, André Abry épousa Marie, Josette Provence dont il eut un fils en septembre 1943.
La famille était domiciliée 5 rue de Palanka à Grenoble.
Le 6 octobre 1943, vers 19h45, une sentinelle allemande en faction devant le cinéma Royal, qui avait été réquisitionné par l’occupant, l’abattit sans sommation alors qu’il rentrait chez lui.
Le soldat avait pris comme des menaces le fait qu’André Abry avait posé sa serviette pour ouvrir la porte de son garage et qu’il cherchait ses clés dans sa poche.
Grièvement blessé, André Abry fut transporté à la pharmacie Roux, toute proche, où les Docteurs Butterlin et Payeret lui prodiguèrent les premiers soins mais en vain.
Le préparateur en pharmacie, José Manuel Blanco, qui témoigna le 7 octobre 1943 devant un commissaire de police, indiqua qu’André Abry avait une plaie béante sous l’aisselle droite.
Ce fut la première victime locale de la répression de l’occupant allemand déclenchée en septembre 1943.
Un tract du mouvement "Libération" invita les grenoblois à assister en masse aux obsèques d’André Abry qui eurent lieu le 9 octobre 1943 à 10 heures du matin en l’église Saint-Louis.
Plus d’un millier de personnes y participèrent, dont le Préfet de l’Isère et de nombreuses personnalités.
À la fin de la cérémonie, le cortège funèbre se dirigea vers la place Notre-Dame et grossit jusqu’à atteindre 3000 personnes. Puis les spectateurs rejoignirent le cortège et ce sont 7 à 8000 personnes qui arrivèrent place Notre-Dame.
Déposé dans un fourgon, le corps fut ensuite transporté à Sallanches (Haute-Savoie), d’où était originaire son épouse, où il fut inhumé.
La Marseillaise fut entonnée à plusieurs reprises et les cris de "Vive De Gaulle !", "Vive Giraud !", "À bas Laval !" jaillirent de la foule dont une partie se rendit devant le siège de la Gestapo, cours Berriat, et devant lequel on entendit les cris "Assassins !" et la Marseillaise.
Pour tenter d’atténuer des faits qui ne pouvaient que nuire à la politique de collaboration et qui embarrassaient le gouvernement de Vichy, Mme Abry reçut 50000 Francs du chef du gouvernement et l’assurance que ses beaux-frères, prisonniers en Allemagne seraient libérés. Cette promesse ne fut pas tenue.
André Abry obtint la mention "Mort pour la France".
Une rue et une crèche honorent sa mémoire. Son nom est gravé sur les plaques commémoratives de l’École Livet à Nantes, de l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers d’Angers, de l’église Saint-Louis de Grenoble , de l’Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG) et sur le lieu de son assassinat 5 rue de Palanka.
Sources

SOURCES : Arch.dép. de l’Isère, Mémorial de l’oppression, 31 juillet 1945 ; 13 R 1069 — Arch.dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 493 — Geneanet — Mémorial GenWeb

Annie Pennetier, Jean-Luc Marquer

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