Née le 12 mars 1900 à Labastide-de-Virac (Ardèche), morte fusillée sommaire le 3 mars 1944 à Labastide-de-Virac.

Joséphine Tourre est née au hameau nommé « La Crotte » dans son acte de naissance, alors qu’il est connu comme « Les Crottes ». C’était la fille de Joseph, Auguste Tourre, un cultivateur de quarante-deux ans et d’Eulalie, Euphrosine Helly âgée de trente-cinq ans. Elle se maria le 21 février 1925 à Labastide-de-Virac avec Jules, Louis Brunet né le 23 mars 1897 à Saint-Michel-d’Euzet (Gard). Le couple s’installa au hameau des Crottes et exploita la ferme familiale.
Aux Crottes vivaient des Français, originaires de la localité ou de villages voisins et des Italiens originaires de Lombardie (province de Bergame). Le maquis Bir Hakeim (AS), venant de la région de Pont-Saint-Esprit (Gard), aux prises avec la 9e Panzerdivision SS Hohenstaufen, s’installa aux Crottes le 29 février 1944. Son chef, Jean Capel alias commandant Barot, suggéra aux habitants de quitter un lieu que la présence du maquis rendait dangereux. Ils refusèrent. Le 2 mars 1944, tard dans la soirée, Barot leur conseilla à nouveau d’abandonner leur domicile, alors que Bir Hakeim quittait les lieux afin d’échapper à une nouvelle attaque, prévisible, de la 9e Panzerdivision Hohenstaufen.
Le nouveau refus des habitants des Crottes leur fut fatal. Ils furent fusillés. Les actes de l’état civil indiquent que ce fut vers douze heures. Mais, en l’absence de témoins directs, en dehors des Allemands, il s’agit là d’une annotation purement indicative. Les Allemands traversèrent le village de Labastide vers 14 heures après s’être livrés à leur action meurtrière de représailles.
Le docteur Abrial, de Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche), fit le constat du décès de Joséphne Brunel. Il nota qu’elle reçut deux balles de fusil de guerre dans la nuque qui ressortirent ensuite parla région frontale gauche.
Comme tous les fusillés français, elle reçut la « mention de « mort pour la France » qui ne fut pas attribuée aux autres victimes civiles, de nationalité italienne. Son nom figure sur la stèle mémorial érigée au hameau des Crottes afin de conserver le souvenir du massacre de ses habitants le 3 mars 1944.
Voir Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944)
Sources

SOURCES : Arch. com. Labastide-de-Virac, état civil, acte de naissance et de décès de Joséphine Tourre, épouse Brunel. — Sources de la notice Labastide-de-Virac, hameau des Crottes (3 mars 1944). — MemorialGenWeb, consulté le 20 octobre 2017.

André Balent

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