Né le 23 avril 1887 à Brzesko (Pologne), massacré le 1er avril 1944 à Azerat (Dordogne) ; horloger ; victime civile d’origine juive.

Plaque commémorative sur le mur du cimetière d'Azerat (Dordogne)
Plaque commémorative sur le mur du cimetière d’Azerat (Dordogne)
Naphtali Grün fut exécuté le 1er avril 1944 et non le 2.
Crédit : MémorialGenWeb.
Naphtali Grün fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer en Dordogne.
Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département ; les hommes furent abattus parce que juifs et, souvent, les femmes et les enfants furent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
En zone dite libre puis zone sud, les Juifs avaient été recensés en application d’une loi de Vichy du 2 juin 1941, le jour même de la promulgation du second statut des Juifs ; un recensement spécifique des Juifs étrangers intervint en janvier 1942 ; enfin, une loi de Vichy du 11 décembre 1942 imposa en zone sud la mention « juif » sur la carte d’alimentation et sur la carte d’identité des Juifs français et étrangers.
Naphtali Grün, naturalisé français le 12 décembre 1928, vivait à Strasbourg (Bas-Rhin). Réfugié en Dordogne, domicilié à La Bachellerie, il fut abattu le 1er avril 1944 au cimetière d’Azerat par un détachement de la division Brehmer. Cinq autres Juifs furent exécutés à Azerat entre le 31 mars et le 2 avril : Joseph Cohen et Tobias Grunbaum (arrêtés à Grange-d’Ans), Nathan Schenkel (arrêté à La Bachellerie), Pierre Khantine (arrêté à Rouffignac), René Kahn (arrêté à Hautefort).
Leurs noms sont inscrits sur une plaque commémorative apposée sur le mur du cimetière.
Voir La Bachellerie et ses environs (Dordogne), 30-31 mars 1944
Sources

SOURCES : Registre d’état civil de La Bachellerie, CDJC DCXXVI-12. — Arch. dép. Dordogne, 1 W 1809 ; 60 W 14 - dont lettre et signature. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, pp. 245, 250-251, 343. — Anacr Dordogne, Mémorial de la Résistance en Dordogne… Sous la terreur nazie, Périgueux, Copédit, 1985, p. 230 et p. 238. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 257-406. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, pp. 97-100.

Bernard Reviriego, Dominique Tantin

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