Né le 26 ou 29 août 1923 à Anzin (Nord), tué au combat le 20 juin 1944 à Guégon (Morbihan) ; FFL - SAS.

Jean Plouchard
Jean Plouchard
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance
Sur le mémorial SAS de Plumelec
Sur le mémorial SAS de Plumelec
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Sur le monument aux morts de Guégon
Sur le monument aux morts de Guégon
Sur la stèle de Boccabois en Guégon
Sur la stèle de Boccabois en Guégon
Sur la stèle Plouchard</br> à La Ville-Guimard en Guégon
Sur la stèle Plouchard
à La Ville-Guimard en Guégon
Le mémorial international des SAS</br>à Sennecey-le-Grand
Le mémorial international des SAS
à Sennecey-le-Grand
SOURCE : Site 22sas12.over-blog.com
Jean Plouchard était le fils de Jules Alfred Ghislain Plouchard, conducteur de travaux, et d’Augusta Maria Halliez. Célibataire, il était domicilié chez ses parents à Anzin (Nord).

Évadé de France par l’Espagne, Jean Plouchard rejoignit l’Angleterre en juin 1943 et rallia les Forces françaises libres (FFL). En mars 1944, il s’engagea dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL), suivit les stages d’entraînement à Ringway et fut affecté au 2e Régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special Air Service) placé sous les ordres du commandant Pierre Bourgoin, qui fut parachuté en Bretagne à partir de la nuit du 5 au 6 juin 1944. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne. De nombreux résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel (Morbihan).

Jean Plouchard fut parachuté dans le secteur de de Saint-Marcel (Morbihan) le 17 juin 1944, au sein d’une équipe de douze parachutistes placée sous les ordres du lieutenant Roger de La Grandière. Il participa à la défense du camp de Saint-Marcel attaqué en force par la Wehrmacht le 18 juin 1944. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI-FTPF se replièrent en bon ordre et se dispersèrent. Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sécurité de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens bretons du Bezen Perrot, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Le 20 juin 1944, un groupe de parachutistes SAS aux ordres du sous-lieutenant Roger de La Grandière, qui se repliait en direction de Pontivy (Morbihan), fit une halte dans la ferme de la famille Mounier au village de Boccabois en Guégon (Morbihan). À court d’essence, contraints d’abandonner leurs jeeps, trempés, affamés, ils demandèrent à se restaurer et à prendre un peu de repos dans le grenier à foin. Un cultivateur de Boccabois, Constant Le Guennec, partit chercher du ravitaillement au bourg et téléphoner à un médecin de Josselin pour lui demander de venir soigner le sous-lieutenant Michel de Camaret, blessé. Les Allemands cantonnés à Josselin, renseignés sur la présence de parachutistes à Boccabois, prirent la direction du village où l’alerte fut donnée. Les SAS, qui étaient une douzaine, quittèrent précipitamment la ferme en laissant sur place des sacs et des vêtements, rapidement découverts par les Allemands qui pourchassèrent les SAS et entreprirent de les encercler. Roger de La Grandière ordonna à six parachutistes de se replier en emmenant Michel de Camaret, tandis qu’il faisait face avec les autres SAS. Blessé à la poitrine, il leur demanda de se replier eux aussi. Le sergent Jean Plouchard refusa de l’abandonner et tint la position avec son fusil-mitrailleur jusqu’à épuisement de ses munitions, avant de succomber à son tour. Joseph Mounier découvrit les deux corps le lendemain, criblés de balles.

Jean Plouchard a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFL.

Dans le Morbihan, à Guégon, le nom de Jean Plouchard est inscrit sur un menhir érigé sur le lieu du combat à La Ville-Guimard, et il est associé à celui de Roger de La Grandière sur le monument de Boccabois ainsi que sur le monument aux morts communal. Il figure sur le mémorial des parachutistes SAS de la France libre érigé à Plumelec.
Dans le Nord, à Anzin, il est gravé sur le monument aux morts et sur la plaque commémorative « 1939-1945 » apposée sur le mur de la mairie.
En Saône-et-Loire, il figure sur le mémorial international des SAS à Sennecey-le-Grand.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 130 090. — SHD, Vincennes, RG 16 P 482210. — Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11 308, fiche de décès de la Croix-Rouge.— Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux (photo), Imprimerie La Limitrophe, 1991. — René Le Guénic, Les Maquisards chez nous en 1944 et Morbihan, Mémorial de la Résistance (photo), Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — Site Internet FFL-SAS (photo). — Mémorial GenWeb. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Guégon ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État-civil, Anzin (acte de naissance) ; Guégon (acte de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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