Né le 15 décembre 1909 à Quillan (Aude), exécuté sommairement le 11 juin 1940 à Cressonsacq (Oise) ; officier de carrière, lieutenant au 24e Régiment de Tirailleurs sénégalais (RTS).

Lieutenant Étienne Emery
Lieutenant Étienne Emery
Crédit : MémorialGenWeb
Étienne Erminy était le fils d’Ernest, boulanger, et de Justine Erminy. Saint-Cyrien de la promotion Mangin (1929-1931), il fut affecté au 24e RTS en garnison à Perpignan (Pyrénées-Orientales) où il resta trois ans. Sportif, il fut membre de l’équipe de rugby de Quillan au cours de la saison 1936-1937.
Il connut différentes affectations en France et en Afrique où il demanda à servir ; il fut en poste à Douala (Cameroun). De retour en France au début de 1940, il rejoignit le 24e RTS sur la ligne Maginot où ce régiment était intégré à la 4e Division d’Infanterie coloniale (DIC).
Engagée au sud de la Somme sur la ligne Weygand, la 4e DIC commandée par le général Maurice de Bazelaire de Ruppierre participa à la bataille d’Amiens et subit de lourdes pertes lors de l’offensive allemande déclenchée le 5 juin 1940. « Dans la nuit du 9 au 10 juin, cette division tente de percer en direction de l’Oise, de Pont Sainte Maxence. Au matin, il ne reste plus que 200 à 300 hommes au 2e RIC, 300 à 400 au 16e RTS, et 100 au 24e RTS. » (Les combattants de l’honneur ; cf. sources).
Le 10 juin 1940 en fin d’après-midi, ce groupe de soldats et d’officiers des 16e et 24e Régiments de Tirailleurs sénégalais se rendit aux Allemands. Le 11 juin, ces derniers – un détachement du régiment Grossdeutschland – séparèrent les officiers et les soldats métropolitains d’une part, et les soldats d’origine coloniale d’autre part. La vie de ces derniers étant menacée, le commandant Bouquet tenta de les protéger. Il déclara que les tirailleurs s’étaient rendus sur son ordre, qu’ils avaient combattu loyalement et il exigea qu’ils soient traités en soldats. Le capitaine Speckel prit ensuite la parole en allemand pour dire sa fierté d‘avoir commandé des soldats tels que les Sénégalais.
En représailles, les Allemands conduisirent à l’écart le lieutenant Étienne Erminy et sept autres officiers puis les abattirent d’une balle dans la nuque à la lisière nord du bois d’Eraine, sur la commune de Cressonsacq. Les corps furent jetés dans une fosse commune creusée par deux soldats noirs qui furent ensuite abattus.
Selon un document datant d’octobre 1941 (archives Anne de Bergh), la municipalité de Cressonsacq obtint en juin 1941 des Allemands « l’autorisation d’ouvrir la tombe du bois d’Eraine et un officier allemand vint assister à l’opération. A la stupéfaction des assistants, on trouva, inhumés ensemble à très faible profondeur, les corps des huit officiers français […], sept allongés au fond de la fosse et le lieutenant Erminy en travers sur les autres. Deux étaient en bras de chemise. Tous avaient la tête fracassée par balle, coups paraissant tirés par derrière, balle probablement de gros calibre. »
Le lieutenant Erminy aurait été tué après une tentative d’évasion, ce qui expliquerait que son corps ait été déposé plus tard sur les autres corps.
D’abord inhumée dans le cimetière communal de Cressonsacq, la dépouille d’Étienne Erminy fut rapatriée en 1957 à Quillan.
Étienne Erminy obtint la mention Mort pour la France. Il fut décoré à titre posthume de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, et il reçut deux citations à l’ordre de l’armée.
En septembre 1944, par décision du Comité de Libération de Quillan, la rue du Sault est devenue la rue Joseph Erminy. Son nom est inscrit surla stèle commémorative du bois d’Eraine à Cressonsacq et sur le monument aux Morts de Quillan.
Voir Cressonsacq, bois d’Eraine (10-11 juin 1940)
Sources

SOURCES : SHD-PAVCC Caen, AC 21 P 180265 (à consulter). — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Les combattants de l’honneur

Dominique Tantin

Version imprimable