Né le 28 août 1921 à Pétange (Grand-Duché de Luxembourg), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; enrôlé de force luxembourgeois, réfractaire ; résistant FTPF de la Creuse.

Avis d’obsèques à Zolwer. Septembre 1945.
Marcel Schimberg était le fils de Georges, Nicolas Schimberg et de Catherine Genglet. Célibataire, il était au début des années 40 domicilié à Soleuvre (Zolwer), commune de Sanem, dans le canton d’Esch-sur-Alzette (Luxembourg). Il fut menacé par l’enrôlement de force dans l’armée allemande. En effet en août 1942, le gauleiter Gustav Simon proclama le service militaire obligatoire pour les jeunes gens des classes d’âge 1920-1924, avec attribution de la nationalité allemande aux enrôlés de force. Plus de 10.000 jeunes Luxembourgeois furent victimes de cet enrôlement forcé dans la Wehrmacht. Beaucoup désertèrent pour rejoindre les armées alliées. Sur les 3 510 qui ne se présentèrent pas ou ne retournèrent pas au front de guerre après un congé, environ 1 000 se réfugièrent en Belgique ou en France où ils rejoignirent les maquis. Ce fut le cas de Marcel Schimberg qui se réfugia en Creuse dans le secteur de Bourganeuf et s’y engagea dans la résistance. Il rejoignit à une date à préciser un maquis FTPF de la Creuse, la 2103ème compagnie. Cette compagnie appelée aussi La Royère, du nom du lieu-dit sur la commune de Sardent (Creuse) où elle s’était installée à l’automne 1943, prit plus tard le nom de compagnie Brunet du nom de Gabriel Brunet, un jeune maquisard communiste, exécuté sommairement par les Allemands le 7 septembre 1943 sur la commune voisine de Maisonnisses. Le 7 juin 1944, le lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Il concentra pour cette opération plusieurs maquis creusois. Et parmi elles la 2103ème compagnie FTP qui arriva à Guéret à l’aube du 7 juin 1944. Elle fut engagée dès le début de l’action, contre l’un des points de résistance allemand, l’hôtel Saint-François, place Bonnyaud, siège de la Kommandantur. Marcel Schimberg participa sans nul doute à cette première libération de la ville.
Le 9 juin 1944, une opération allemande massive fut organisée pour reprendre Guéret, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants. Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. Un retard des forces de la division Das Reich, permit à la majorité des groupes de résistants d’échapper à la prise en tenaille. Mais en tout début d’après-midi, vers 14 h 30, sur la route de Guéret, au lieu-dit Combeauvert (à la limite des communes de Thauron et de Janaillat, Creuse), l’unité SS de la division Das Reich qui remontait vers le nord pour boucler l’encerclement de Guéret, se trouva face à plusieurs camions de résistants. Le premier, conduit par un FFI du Cher, transportait les militaires allemands faits prisonniers le 7 juin à Guéret. Il était suivi d’un véhicule armé transportant des FTP (en particulier de la 2103ème compagnie) se repliant vers leur base de Royère et dans lequel se trouvait Marcel Schimberg. Après un bref mais violent combat qui dura une vingtaine de minutes et qui fit plusieurs morts, les blessés et prisonniers dont Marcel Schimberg furent rassemblés au carrefour de Combeauvert contre un talus et exécutés sommairement. Inhumé dans un premier temps à Janaillat (Creuse) son corps fut transféré après la seconde guerre mondiale à Soleuvre (Zolwer) où ses obsèques eurent lieu en septembre 1945 peut-être en même temps que celles de François Engel, de la même ville et tué également à Combeauvert..
Il fut déclaré au Luxembourg « Mort pour la patrie » et son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Sanem. Il est également inscrit sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud. Il figure enfin sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : René Castille in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud Ed.2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Fédération des enrôlés de force du Luxembourg — mémorial genweb — État civil mairie de Janaillat.

Michel Thébault

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