Né le 2 octobre 1921 à Léguillac-de-l’Auche (Dordogne), exécuté sommairement le 12 août 1944 à Périgueux (Dordogne) ; résistant dans l’Armée secrète (AS).

Gérard Talaucher, fils de Célestin et de Madeleine Belingard, était célibataire, sans profession et domicilié à Razac-sur-l’Isle.
Membre du groupe Roland (AS Périgueux comptant 285 maquisards au 6 juin 1944), il fut capturé en opération, le dimanche 12 août 1944, à proximité de Coursac, avec son camarade Jean Ponceau.
Jean Bart dans son Histoire d’un Groupe Franc du Maquis de Dordogne(cf. sources, op.cit), évoque les circonstances de leur arrestation : prévenu par l’intermédiaire de Maggy, jeune fille qui servait d’agent de liaison, Roland, qui cantonnait sur la commune de Coursac, entreprit de se rendre à la Jaumarie, commune de Vergt, au P.C. de Chazzi (commandant Brandstettter, des troupes coloniales), commandant du secteur centre, où le capitaine anglais Marc (en fait Marc Gerschel, que tout le monde prenait pour un Anglais, mais qui était un agent français du S.O.E., parachuté dans la nuit du 1er au 2 juillet 1944, au lieu-dit « Coupe-Gorge », à Coursac, où il fut accueilli par les hommes du groupe A.S. Valmy) le réclamait. La jeune agent de liaison ne releva rien de suspect sur le trajet qu’elle venait d’effectuer.
« Aussitôt, souligne Jean Bart, Roland se met en route vers la Jaumarie, emmenant avec lui, dans sa voiture, Bernard, Talaucher et Ponsaud, ce dernier venu faire la liaison du Groupe Cyrano, stationné alors à Montanceix. Il fait noir et nos amis roulent tous phares éteints, sur une roue blanche. Arrivés presque au carrefour de la route nationale, ils se rendent compte que sur celle-ci règne une agitation inaccoutumée. Roland ralentit, mais persuadé que ce sont des frères d’armes qui circulent à cette heure tardive, n’en continue pas moins à avancer malgré les avertissements de ses camarades. Ceux-ci ont l’impression qu’il s’agit non de Maquisards, mais bien des boches et il ne leur faut, hélas ! que très peu de temps pour s’en convaincre. Roland, lui-même vient de comprendre la triste réalité et estime que la situation est tragique puisqu’il déclare pour la première fois sans doute : "Nous sommes foutus...". Il accélère cependant et joue sa dernière chance. Les Allemands de leur côté ne perdent pas de temps. Ils viennent de remarquer cette 202 Peugeot qui roule sans lumière et qui leur parait d’autant plus suspecte. Ils n’hésitent plus et concentrent leur tir. Les pneus crevés, la voiture va au fossé, brisant dans sa chute une clôture de jardin. »
Bernard parvint à s’extraire de la voiture, à se sauver et à retourner au camp où il fit part de la mésaventure. Roland, blessé au genou par des éclats, ne perdit pas son sang-froid et réussit à passer à travers les glaces. Il fit quelques pas, rencontra une vache, s’abrita derrière elle et s’en servit de bouclier. Il se traîna, tant bien que mal, vers un bois peu éloigné. « Seul et à pied, malgré sa blessure, Roland, souligne Jean Bart, va échouer dans une ferme située à environ quatre kilomètres du camp. L’alerte est donnée. » et d’ajouter : « Talaucher et Ponsaud eux, n’ont pu hélas ! sortir de la voiture. Ils ont été faits prisonniers par les Allemands qui n’ont pas dû être tendres à leur égard après la fuite de Roland. »
Gérard Talaucher fut exécuté au 35e à Périgueux, le jour même de son arrestation, « le 12 août 1944, vers dix-huit heures », comme l’indique l’acte de décès n° 695, en date du 25 août 1944. Agé de 23 ans, il est « Mort pour la France » (mention faite le 2 janvier 1946).


Voir Périgueux, Mur des Fusillés, Caserne Daumesnil, Rue du 5e Régiment de Chasseurs (5 juin-17 août 1944)
Sources

SOURCES : Arch. dép. Dordogne. — Archives privées de l’auteur. — Jean Bart, Histoire d’un Groupe Franc du Maquis de Dordogne, Périgueux, éditions Pierre Fanlac, 1945. — Guy Penaud, Histoire de la Résistance en Périgord, Bordeaux, Éditions Sud-Ouest, 2013. — Jacques Lagrange 1944 en Dordogne, Éditions Pilote 24, Périgueux, 1993. — état civil.

Jean-Paul Bedoin

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