Née le 27 mars 1880 à Glomel (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), abattue le 5 août 1944 à Sainte-Anne en Pluneret, aujourd’hui Sainte-Anne d’Auray (Morbihan) ; victime civile.

La plaque mémorielle apposée </br>sur le mur d'enclos du parc du Mémorial
La plaque mémorielle apposée
sur le mur d’enclos du parc du Mémorial
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Augustine Henry était la fille d’Yves Louis Henry, décédé, et de Françoise Carrie. Elle avait épousé Jean Marie Guégant, décédé. Domiciliée à Lorient (Morbihan), sans profession, elle était réfugiée à Sainte-Anne en Pluneret (Morbihan).

Le 3 août 1944, alors que les troupes américaines commençaient à libérer le Morbihan avec l’aide des bataillons des Forces françaises de l’intérieur (FFI), le 2e Bataillon FFI (ORA) du Morbihan commandé âr Yves Le Garrec [pseudonyme dans la Résistance : commandant Yves] investit le village de Saint-Anne en Pluneret (Morbihan), où un hôpital militaire allemand s’était installé dans le juvénat des Filles du Saint-Esprit.
Le 4 août 1944, le commandant Le Garrec confia à deux prêtres, l’abbé Louis Allanic, professeur-économe au Petit-séminaire et conseiller municipal de Pluneret, et l’abbé Joseph Le Barh, recteur de la paroisse de Sainte-Anne en Pluneret, la mission d’aller remettre une lettre au médecin-chef allemand Ernst Bergues, lui demandant de se rendre. Vers 19 heures, les deux prêtres se présentèrent devant l’adjoint de Bergues qui les reçut courtoisement et lui remirent l’ultimatum. Bergues le rejeta arguant que cet ultimatum procédait de troupes irrégulières et qu’il ne pouvait s’y soumettre sans l’ordre de ses chefs, puis il appela ses supérieurs à Lorient pour leur demander des renforts.
Le 5 août à l’aube, une colonne de plusieurs camions chargés de soldats allemands arriva à Sainte-Anne venant de Pluneret, et fut accrochée à l’entrée du village par des FFI qui tirèrent en direction du convoi avant de se replier. Le lieutenant Roschlau qui commandait ce convoi ordonna des opérations de représailles au cours desquelles deux civils furent tués : Stanislas Le Louer, massacré à coups de crosse à Malachappe en Pluneret, tandis que sa maison était incendiée, et Xavier Brianceau dont le corps fut retrouvé près de la scierie Cloarec.
Un groupe de soldats allemands qui se dirigeait vers la basilique en raflant au passage tous les hommes, fut pris sous le feu de FFI embusqués derrière des maisons de la rue de la Fontaine. Augustine Henry, veuve Guégant fut tuée d’une balle dans le dos. Les soldats allemands incendièrent deux immeubles, rassemblèrent les habitants du quartier, hommes, femmes et enfants et les conduisirent dans la cour du juvénat des Filles du Saint-Esprit. Dans le même temps, ils encerclèrent la basilique et le Petit-séminaire, pénétrèrent dans les bâtiments en tirant dans toutes les directions. L’office fut interrompu et les religieux furent rassemblés et conduits également dans la cour du juvénat.
Ernst Bergues ordonna de faire sortir du rang les deux « terroristes » qui avaient remis la veille à son adjoint la lettre lui demandant de se rendre. L’interprète alsacienne, Madeleine Heit, désigna les abbés Louis Allanic et Joseph Le Barh, qui furent immédiatement abattus de deux rafales de mitraillette devant le mur-ouest du juvénat.
Les Allemands évacuèrent aussitôt l’hôpital pour se diriger vers la poche de Lorient, après avoir lancé une grenade par-dessus le mur du juvénat qui fit quatre blessés parmi les professeurs du Petit-Séminaire. Avant de se retirer, ils firent une halte devant la basilique tandis que deux soldats mettaient le feu aux stalles du chœur, au confessionnal et aux bancs en y répandant de l’essence.

Augustine Guégant obtint la mention « Morte pour la France ».

Après la guerre, le lieutenant Roschlau a été condamné par le tribunal militaire de Paris aux travaux forcés à perpétuité. Le médecin-chef Bergues, principal responsable de ce crime de guerre, ne fut pas inquiété.

Le 4 août 2019, à l’occasion du 75e anniversaire des exécutions du 5 août 1944, une plaque mémorielle a été apposée sur le mur de clôture du parc où a été érigé à Sainte-Anne-d’Auray de 1922 à 1932 par les cinq diocèses bretons, le Mémorial des Bretons morts pour la France pendant la 1ère guerre mondiale, et où a été ajouté un monument en forme de gisant dédié « À tous nos morts de toutes les guerres ».
Cette plaque porte l’inscription :

« À Sainte-Anne
En mémoire de  :
Abbé Joseph LE BARH, recteur de la paroisse de Ste-Anne-d’Auray
Abbé Louis ALLANIC, économe du séminaire et
Conseiller municipal de Ste-Anne-d’Auray
M. Stanislas LE LOUER
M. Xavier BRIANCEAU
Mme Augustine HENRY, Vve GUÉGUANT »
Sources

SOURCES : Arch. Dép., Morbihan, 2 W 15919, crimes de guerre 1944-1945. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Les Maquisards chez nous en 1944 et Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Crimes de guerre à Sainte-Anne d’Auray ", sur le blog de Kristian Hamon, 18 octobre 2017. — Guy Winter, La Rafle de Sainte-Anne-d’Auray, Liv’Éditions, 2013. — État civil, Pluneret (acte de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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