Né le 15 avril 1916 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), guillotiné le 19 juin 1944 à Halle-an-der-Saale (Saxe-Anhalt) suite à une condamnation à mort ; fraiseur ; requis du STO ; résistant FTP.

Yvon Carré était le fils de Joseph, maître serrurier. Il habitait en 1936 chez son père à Châtellerault (Vienne).
Il fut incorporé au 26e régiment d’infanterie à Nancy en octobre 1937. Il combattit avec son régiment pendant la campagne de 1939/1940 et fut démobilisé le 10 août 1940. Il trouva alors du travail à la manufacture d’armes de Châtellerault comme ouvrier.
Bien qu’étant marié et père de 3 enfants en bas âge, il fut réquisitionné pour le STO le 8 février 1943 en vue d’être envoyé comme fraiseur aux établissements Heinkel à Schwechat (Autriche). Ayant rencontré sur son lieu de travail des ouvriers communistes disant appartenir aux francs-tireurs et partisans français (FTP), il se joignit à eux pour effectuer des actions de sabotages. Le 11 décembre 1943, sur la route de Colombiers (Vienne) il retrouva un groupe de camarades afin de procéder à la destruction d’un site installé dans une forêt toute proche pour servir de dépôt de matériel à l’armée allemande. Yvon Carré eut pour mission de monter la garde pendant que ses camarades mettaient le feu à la baraque des gardes qui contenait des extincteurs.
Une enquête fut menée et aboutit à l’arrestation des coupables. Yvon Carré fut jugé le 6 mai 1944 par le 4e Senat ou Chambre du Tribunal de guerre du Reich, présidé par le juge Schreiber. Accusé de destruction de matériel militaire, d’incendie mettant en péril la vie d’autrui et d’aide à une puissance ennemie par affaiblissement de la puissance de la Wehrmacht, il fut condamné à mort. Les tampons « Rote Liste » (Liste rouge) « Geheim » (secret) et « Haftsache » (affaire concernant un détenu) furent apposés sur son dossier. Le jugement fut confirmé à Torgau le 18 mai 1944 par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre. Il fut transféré à la prison Roter Ochse à Halle-an-der-Saale (Saxe-Anhalt) et guillotiné le 19 juin 1944 à 17 heures.
L’acte de décès porte la mention « Arrêt cardiaque brutal et arrêt de la respiration ». Sa dépouille fut incinérée le 20 juin et l’urne contenant les cendres inhumée le 27 juin 1944 au Gertraudenfriedhof, à Halle-an-der-Saale. Elle fut exhumée le 6 novembre 1946 et rapatriée en France par l’intermédiaire du Centre de dispersion national des urnes de Strasbourg puis transférée le 8 octobre 1958 dans le cimetière situé à côté du camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).
Il obtint le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR).
Son nom figure sur le monument commémoratif aux martyrs de la Résistance 1939-1945 et sur la plaque commémorative 1939-1945 apposée dans le hall de la mairie, à Châtellerault (Vienne).
Sources

SOURCES : Auguste Gerhards, Tribunal de guerre du IIIe Reich, éd. du Cherche midi, Paris 2014.— Wikipédia.— Mémorial GenWeb.

Jean-Louis Ponnavoy

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