Né le 2 février 1875 à Habsheim (Haut-Rhin), massacré le 2 avril 1944 à Génis (Dordogne) ; victime civile d’origine juive.

Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département ; les hommes furent abattus parce que juifs et, à plusieurs reprises, tandis que, bien souvent, les femmes et les enfants furent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
Jules Haas fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer. Il était le fils d’Emmanuel Haas et de Esther Schwob. Il avait épousé Berthe Weiler, avec qui il était domicilié à Las Fargeas, commune de Génis. Il pensait être à l’abri des persécutions car, en 14-18, il avait servi dans l’armée allemande. Le 2 avril 1944, sa femme étant souffrante, il n’avait pas voulu s’enfuir à l’arrivée des troupes allemandes, il fut arrêté ainsi que son épouse et ils furent abattus au lieu-dit Tous-Vents. La maison dans laquelle ils logeaient fut aussi incendiée.
Une plaque commémorative fut posée par la municipalité de Génis sur leur tombe, dans le cimetière, en 2011.
Sources

SOURCES : Registre d’état civil de Génis.— Arch. dép. Dordogne, 1573 W 6 ; 1573 W 8, 42 W 80 ; 1 W 1815-2. Rapport d’activité de la gendarmerie pour le mois d’avril 1944.— Jacky Dreyfus, Daniel Fuks, Le Mémorial des Juifs du Haut-Rhin. Martyrs de la Shoah, Jérôme Do Bentzinger Editeur, 2006, p. 230.— Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, p. 348.

Bernard Reviriego

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