Né le 2 avril 1920 à Bourges (Cher), exécuté sommairement le 1 août 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; mécanicien ; résistant AS de la Corrèze ainsi que des réseaux Alliance et Vélite-Thermopyles, compagnon de la Libération.

Georges Moneger était le fils de Léon François Moneger (1888 – 1944) et d’Augustine, Louise Lami (1897 – 1989). Ses parents s’étaient mariés le 17 avril 1918 à Bourges (Cher) où naquit Georges en avril 1920. Son père était garagiste et Georges Moneger apprit auprès de lui le métier de mécanicien. Revenus vivre à Neuvic, dont Léon Moneger était originaire, ils y assurèrent également la gestion d’un garage, Georges Moneger travaillant comme mécanicien. L’armistice de juin 1940 ayant supprimé le service militaire, le gouvernement de Vichy institua dès la fin juillet des Chantiers de jeunesse (CJF) où les jeunes hommes de 20 ans devaient accomplir un stage de 6 mois. Georges Moneger né en 1920 dut ainsi partir pour les Chantiers, sans doute au camp n°20 « Turenne » basé à Lapleau (Corrèze) et créé en octobre 1940. Libéré en octobre 1941, il s’engagea très rapidement dans la Résistance, rejoignant son père Léon agent du réseau Alliance. Tous deux collaborèrent au réseau (témoignage de Marie Madeleine Fourcade op. cit.) « en transportant et en cachant des patriotes de passage à Thalamy ». Le premier terrain d’atterrissage du réseau Alliance fut en effet établi en Corrèze à Ussel, sur l’ancien terrain militaire d’aviation d’Ussel-Thalamy et utilisé par des Lysander à partir d’août 1942. Dans le même temps, Georges Moneger organisa et anima un groupe de jeunes résistants de Neuvic au départ autour d’actions de propagande (distribution de tracts, collage de papillons, graffitis et inscriptions hostiles à la collaboration). Le 14 juillet 1942, avec deux camarades, il repeignit aux couleurs de la France le panneau de la Légion et y dessina un V et une croix de Lorraine.
Désireux de structurer son action il prit alors contact avec Martial Brigouleix secrétaire administratif de commerce à Tulle, adjoint d’Edmond Michelet au mouvement Combat, et chef départemental de l’AS de Corrèze. Au printemps 1943, alors que la loi de février sur la réquisition pour le STO poussait de nombreux jeunes à tenter d’échapper à la réquisition, il organisa, tout en n’entrant pas lui-même dans la clandestinité, le premier maquis de la Corrèze à Lamazière-Basse, camp peu après déménagé à Saint-Merd-de-Lapleau et dont il assurait le ravitaillement. Le 15 juin 1943, le camp fut attaqué par les Groupes mobiles de Réserve (GMR). Georges Moneger vint en aide aux rescapés pour les ramener en camionnette à Neuvic. Après de nouvelles recherches, il choisit d’installer son nouveau camp dans les gorges de Vermillard et en assura là encore le ravitaillement en vivres et en armes grâce à des parachutages réceptionnés à Peyzerange et Champied. De plus, par l’intermédiaire d’un ami, il entra en contact avec le réseau "Vélite-Thermopyles", réseau de renseignement dépendant du BCRA (Bureau central de renseignements et d’action de la France Libre) fondé dès 1940 par des enseignants de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm à Paris. Le réseau menacé sur Paris évacua et camoufla grâce à Georges Moneger ses agents « grillés » de la région parisienne vers la Haute Corrèze (à la Libération l’un des fondateurs du réseau, Albert Mercier, réfugié à Neuvic y fut le chef du corps franc Agathe de l’AS). Réduit à une semi-clandestinité, Georges Moneger parvint à échapper à deux reprises en août et en octobre 1943 aux perquisitions à son domicile de la SIPO-SD. Poursuivant ses activités résistantes, il dirigea le sabotage de la ligne haute-tension de Marèges et fit évader des prisonniers russes qui vinrent grossir les rangs de son maquis.
Son père Léon Moneger qui dès 1941 avait organisé la résistance à Neuvic également menacé avait dû lui aussi entrer en clandestinité (tandis que sa femme se réfugiait à Bourges). Gravement malade, sans soins, ses camarades le ramenèrent à son domicile où il décéda le 18 janvier 1944 (il obtint la mention mort pour la France). Georges Monéger prit alors seul la direction de l’Armée Secrète du secteur de Neuvic. Le 3 juin 1944 le maquis dont il assurait le commandement fut attaqué par les troupes allemandes, Georges Moneger en dirigea le décrochage. Après le débarquement allié de Normandie, il devint un des plus efficaces agents de liaison de la région et se rendit à deux reprises dans le Cantal pour prendre contact et ramener des membres de la mission interalliée Benjoin destinés à renforcer et encadrer les maquis. Le 14 juillet 1944, il défila en tête à Neuvic pour la commémoration de la Fête Nationale.
Fin juillet 1944, la brigade Jesser, une formation militaire allemande de répression des maquis, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police (SIPO-SD, Feldgendarmerie) qui venait d’intervenir en Creuse et en Haute-Vienne dans la deuxième quinzaine de juillet 1944, revint en Corrèze, autour d’Ussel où était installé le poste de commandement de la brigade. Le groupement sud de la brigade poursuivit dans cette zone ses activités de répression au sud et l’ouest d’Ussel, entre Meymac et Neuvic entre le 27 et le 31 juillet procédant à des exécutions et des arrestations. Neuvic investie le 31 juillet, Georges Moneger fut arrêté et conduit à Ussel. Il y passa la nuit avec d’autres prisonniers, mais refusa de s’évader comme on le lui proposait pour ne pas attirer de représailles sur ses codétenus. Le 1er août 1944 face à la multiplication des activités de la Résistance et à la désertion d’un groupe important de Tatars de la Volga intégrés dans l’Ost-Legion, la brigade Jesser se replia vers Clermont-Ferrand emmenant ses prisonniers. Le convoi fut attaqué par la Résistance dans les gorges du Chavanon (à la limite de la Corrèze et du Puy de Dôme). Le soir même (en représailles ?) près du camp militaire de Bourg-Lastic où elle cantonnait pour la nuit, la légion Azerbaïdjanaise qui appartenait également à l’Ost-Legion, élément constitutif de la brigade Jesser, exécuta sommairement Georges Moneger et cinq autres résistants. Son corps fut après la Libération ramené à Neuvic où il est depuis lors inhumé.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit avec celui de son père sur le monument aux morts de Neuvic ainsi que sur le monument commémoratif des maquisards. Fait compagnon de la Libération par décret du 20 janvier 1946, il reçut à titre posthume la Croix de guerre 1939 – 1945 et fut fait au même titre chevalier de la Légion d’honneur.
Sources

SOURCES : ordre de la Libération — Marie-Madeleine Fourcade Le réseau Alliance en Corrèze, la région Hôpital, ses actions — Laveissière (Cantal), la brigade Jesser — Mémoire des hommes — Mémorial genweb — État civil.

Michel Thébault

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