Né le 11 mai 1923 à Merry-Sec (Yonne), tué le 24 août 1944 à Étais-la-Sauvin (Yonne) ; ouvrier agricole ; résistant sédentaire du Service national maquis.

Stèle d'Étais-la-Savin
Stèle d’Étais-la-Savin
René Étienne, ouvrier agricole à Étais-la-Sauvin, village situé au sud-ouest du département de l’Yonne, tout près de la limite entre le département de l’Yonne et de la Nièvre, faisait partie de la 10e compagnie sédentaire du Service national maquis de l’Yonne, regroupée à Étais-la-Sauvin. Cette compagnie, forte d’une centaine d’hommes, avait pour mission de protéger le village de toute attaque ennemie. Des postes de garde avaient été établis à chaque entrée du village, protégés par des barricades improvisées, mais les défenseurs, dépourvus pour la plupart de toute expérience militaire, ne disposaient que d’armes individuelles et d’un seul fusil-mitrailleur par poste.
Le 24 août 1944, vers 7 h 15 du matin, un important convoi allemand, qui venait de fusiller deux hommes, André Plançon et Roger Plançon, au village voisin de Lainsecq, se présenta à l’entrée ouest du village, provoquant la stupeur des hommes de garde qui s’attendaient à voir apparaître les Américains. Le convoi allemand, craignant sans doute un nouvel accrochage, marqua un temps d’arrêt, ce qui permit à la plupart des sédentaires présents de s’enfuir vers le nord, par les jardins, en abandonnant une grande partie de leurs armes et de leur matériel. Prudemment le convoi allemand reprit sa route à travers le village, tandis que des soldats allemands occupaient et fouillaient les maisons. L’école, qui avait servi de logement aux résistants, et une grange où de l’armement fut découvert, furent incendiées à coup de grenades. Une habitante d’Étais, Alice Boutron, fut tuée d’un coup de fusil alors qu’elle ouvrait sa porte pour voir ce qu’il se passait.
À l’autre extrémité du village, le groupe de sédentaires qui gardait la route menant à Clamecy était resté à son poste. Sans informations sur l’importance des forces ennemies, ils ouvrirent le feu sur les premiers soldats allemands qui arrivaient. La riposte allemande fut meurtrière et trois sédentaires, Jean Bourgoin, René Étienne et Pierre Grandjean furent tués en quelques minutes dans un verger voisin. Après avoir menacé de fusiller des habitants du village, les Allemands reprirent leur route en direction de Clamecy. Ce même convoi fut attaqué par les hommes du maquis du « Loup » à Vézelay dans l’après-midi du 24 août.
Le nom de René Étienne figure sur la stèle édifiée à Étais-la-Sauvin, au bord du CD 104, et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il est titulaire de la carte de Combattant volontaire de la Résistance.
Sources

SOURCES : Hugues Cattin, Étais, le 24 août 1944, une journée de feu et de sang, récit inédit. — Robert Bailly, La Croix de Saint-André, Éd. ANACR-Yonne, 1983. — Mémorial GenWeb.

Claude Delasselle

Version imprimable