Né le 22 octobre 1892 à Hilbesheim (Moselle annexée), mort le 3 mars 1944 suite aux conditions de détention à la prison de Metz (Moselle annexée) ; cheminot ; divulgation de messages de la BBC, résistance mouvement social.

Marié et père de trois enfants, Auguste Sins était chef de manœuvres aux ateliers du chemin de fer de Réding (Moselle annexée) où il habitait. Il occupait les fonctions de Zellenleiter de la DVG, (responsable de cellule de la Communauté du peuple allemand), une formation politique créée pour les Mosellans par les nazis et calquée sur le parti nazi. Malgré cela, il écoutait avec sa fille Marie-Antoinette les radios étrangères, en particulier la radio anglaise BBC et divulgait leurs messages, notamment en septembre 1943 une prophétie annonçant la défaite allemande auprès des agents de la caisse d’épargne locale où travaillait sa fille.
Le 14 septembre 1943, la Sipo-SD de Sarrebourg arrêta Auguste et Marie-Antoinette Sins ainsi que plusieurs employés de la caisse d’épargne. Auguste Sins fut incarcéré à la prison de Sarrebourg jusqu’au 8 octobre, puis transféré à la prison de Berlin-Moabit et le 7 décembre 1943 à la prison judiciaire de Metz. Le 29 février 1944, le tribunal spécial pour la Lorraine le condamna à six mois de prison pour prophétie à l’aide de déclarations perfides contre le Führer et la Wehrmacht. Affaibli par sa détention, Auguste Sins mourut à la prison de Metz le 3 mars 1944 à 52 ans.
Le titre de déporté politique lui fut attribué. Son nom figure sur le monument aux morts de Réding.
Sources

SOURCES : SNCF 2009/012/EST/1341/7. — SHAD-DAVCC Caen, dossier statut. — ADM Moselle 69J14, 1386W7 et 33, 335W140. — Thomas Fontaine (sous la dir.), Cheminots victimes de la répression 1940-1945, Paris, Perrin/SNCF, 2017, p. 1373.

Philippe Wilmouth, Cédric Neveu

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