Né le 25 juin 1915 à Vienne (Isère), mort en action le 11 juin 1944 au lieu-dit Reculfort, La Folatière sur la commune du Pont-de-Beauvoisin (Isère) ; gendarme, brigade de La Tour-du-Pin (Isère) ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant (D.I.R.).

André DEFAIX
André DEFAIX
Source : Collection Médiathèque Le Trente, Vienne ; Vienne Libre n°11, 11 novembre 1944
Monument du Pont-de-Beauvoisin, Reculfort
Monument du Pont-de-Beauvoisin, Reculfort
Crédit : Sébastien Horner
Engagé volontaire pour trois ans dans l’artillerie, André Defaix y servit comme maréchal des logis. En juin 1942, il passa dans la gendarmerie et il suivit l’instruction militaire à l’école préparatoire de Pamiers comme élève-gendarme ; puis il fut affecté à la brigade territoriale de La Tour-du-Pin (compagnie de gendarmerie départementale de l’Isère) en décembre 1942.
Le débarquement de Normandie du 6 juin 1944 eut notamment pour conséquence militaire l’amplification de la phase insurrectionnelle des maquis des régions de montagnes, en particulier dans les Alpes. À la demande de l’Armée Secrète, les gendarmes de la brigade de La Tour-du-Pin prirent la décision de se rallier le 10 juin à la 4e compagnie de la Chartreuse afin d’instruire et encadrer les maquisards en vue des combats à venir pour la Libération. Le 11 juin à 4h du matin, les militaires quittèrent leur caserne afin de rejoindre une formation FFI à la Folatière. Vers 7h, alors qu’ils préparèrent ensemble un cantonnement dans une grange au lieu-dit Reculfort (préalablement choisi car c’était un endroit désert et boisé), le groupe, probablement dénoncé, fut attaqué par un détachement de la Feldgendarmerie venu de Bourgoin-Jallieu. Au cours du combat sept militaires de la gendarmerie et deux résistants « civils » furent tués les armes à la main ou sommairement achevés et fusillés après avoir été capturés. La citation du 11 juillet 1949 pour l’attribution de la croix de guerre 1939-1945 précise que le gendarme Defaix a été « arrêté et fusillé ».
Le gendarme André Defaix était marié et père d’un jeune garçon, Paul, né en septembre 1943.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant (D.I.R.).
Après la guerre, la conduite héroïque du gendarme André Defaix et son engagement militaire au maquis ont été mis en avant par la gendarmerie et il reçut la médaille militaire à titre posthume (1950) ainsi que la croix de guerre et la médaille de la Résistance française.
En outre, son nom figure sur le monument aux morts de la commune de Vienne et sur le monument commémoratif de la Résistance au Pont-de-Beauvoisin (dont dépend le lieu-dit de Reculfort).
La 64e promotion d’élèves-gendarmes de l’école de gendarmerie de Montluçon a pris le nom de « Ceux de La Tour du Pin » en 1982.
Chaque année une cérémonie d’hommage est organisée dans le hameau de la Folatière.


Voir La Folatière (11 juin 1944)
Sources

SOURCES : AVCC Caen, 21 P 251 708. – SHD Vincennes, GR 16 P 164 421. ; GR 19 P 38/7 – Rapport n°200/2 du 8 décembre 1944 de l’adjudant-chef commandant provisoirement la section de La Tour-du-Pin relatant la mort du gendarme Defaix. – Articles de la presse locale.

Sébastien Horner

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