Né le 5 juillet 1923 à Migné-Auxances (Vienne), mort au combat ou exécuté sommairement le 4 août 1944 au Vigeant (Vienne) ; employé de commerce à Poitiers (Vienne) ; résistant, maquis AS de la Vienne.

Raoul Cordeau était le fils de Pierre Raoul Cordeau et d’Odette Fernande Renée Duverger. En 1944, il était célibataire et était domicilié à Poitiers, 8, rue du faubourg de La Cueille Mirebalaise. Il exerçait la profession d’employé de commerce. Requis pour le STO, il choisit de s’y montrer réfractaire et passa dans la clandestinité, se réfugiant accompagné de son jeune frère Gaëtan, dans le sud du département de la Vienne, dans le secteur de Millac et de l’Isle-Jourdain.
Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit un maquis de l’Armée Secrète de la Vienne, vraisemblablement le maquis « Adolphe B » de l’AS installé autour de l’Isle-Jourdain rattaché au Groupement « Michel » ou « secteur D » (commandant Blondel) de la Vienne. Il faisait partie d’un détachement de renfort qui se heurta à une colonne allemande (la section rapide SS n° 608 du 80e corps d’armée de la Wehrmacht, renforcée par des Feldgendarmes et des miliciens) à la sortie du Vigeant le 4 août 1944. En fin de matinée, vers 11h, la colonne allemande de répression fut attaquée par la Résistance à 3 km au sud du Vigeant au bois de Larreau. Peu après, deux sections des maquis locaux de l’AS envoyées en renfort à partir de l’Isle-Jourdain, furent interceptées lors de leur arrivée au Vigeant vers 13 heures 45. Les maquisards surpris, sautèrent des camions et ouvrirent le feu mais six d’entre eux pris sous le feu de l’ennemi furent tués presque immédiatement dans le combat. Alors que les occupants du deuxième camion, arrêté avant l’entrée du bourg, parvinrent pour la plupart en combattant à se replier vers les bois proches, plusieurs maquisards du premier camion immobilisé dans le bourg, parfois blessés, tentèrent de s’y disperser et de s’y cacher. Les unités allemandes procédèrent alors à des perquisitions et des fouilles d’une grande violence, arrêtant et exécutant sur le champ les maquisards ainsi que des civils, incendiant des maisons (23) et regroupant des civils pris en otages avant de les fusiller en représailles avec plusieurs résistants près du cimetière. Le sort précis des deux frères Cordeau, qui appartenaient manifestement au même convoi, reste inconnu : morts en combattant ou plus vraisemblablement exécutés sommairement après avoir été capturés (selon mémorial genweb).
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit avec celui de son frère sur le monument aux morts de Millac. Il figure aussi sur la plaque commémorative du Vigeant, face au cimetière, dédiée aux « Résistants et victimes civiles du 4 août 1944 ». Les deux frères sont également présents sur le recensement des Morts pour la France de Poitiers.
Sources

SOURCES : SHD GR 16 P 142181 — Site de la mairie du Vigeant Le 4 août 1944 — État civil, mairie du Vigeant (acte de décès registre 1944, n° 42) —mémorial genweb.

Michel Thébault

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