Né le 29 septembre 1888 à Nantes (Loire-Inférieure/Loire-Atlantique), abattu le 16 février 1944 au Fugeret (Basses-Alpes/Alpes-de-Haute-Provence) ; bijoutier à Paris.

Issu d’une famille juive originaire de Nantes, Joël Helft était le dixième des onze enfants d’Arthur Helft et d’Hélène Lévy. Comme son père, il était bijoutier à Paris et était installé rue du faubourg Saint-Honoré. Il s’était marié avec Marcelle, Henriette Weill le 14 janvier 1921 dans le IXe arrondissement de Paris.
Peut-être a-t-il quitté la capitale au moment de l’exode en 1940 ? Le Mémorial de la Shoah indique qu’il a résidé au moins un moment à Toulouse, au Grand Hôtel et Tivollier. Probablement s’est-il réfugié à Nice, en zone d’occupation italienne, lorsque les Allemands ont franchi la ligne de démarcation en novembre 1942. En tout cas, il s’y trouvait, sous la fausse identité de Hélet, avec plusieurs autres membres de sa famille. Il quitta Nice en septembre 1943 lorsque les Allemands s’y installèrent et commencèrent à rafler massivement les juifs qui étaient venus s’y réfugier. Avec d’autres juifs, il rejoignit l’arrière-pays et s’installa à Annot (Basses-Alpes/Alpes-de-Haute-Provence). Mais, au début de 1944, ne se trouvant plus en sécurité dans ce village, il partit se cacher avec d’autres coreligionnaires plus haut dans la montagne, à dix kilomètres de là, dans le hameau d’Argenton (commune du Fugeret). Les 15 et 16 février 1944 des agents de la Sipo-SD et des feldgendarmes vinrent effectuer des rafles dans les villages du secteur. Guidé par un Italien, un petit détachement monta à Argenton et procéda à l’arrestation des juifs qui s’y trouvaient. L’un d’eux put s’échapper et témoignera par la suite. Joël Helft tenta lui aussi de s’enfuir mais fut abattu. L’un des plus redoutables agents de la section exécutive du Kommando Sipo-SD Nizza, Gilardo Besati dit « Gérard le tueur », tira sur lui avec un fusil de chasse, mais c’est à coups de revolver qu’il fut assassiné.
Les autres juifs arrêtés à Argenton furent déportés à Auschwitz. Plusieurs membres de sa famille - sa sœur Dinah Adler, née en 1890, son frère, Ruben, né en 1885, et son épouse Madeleine -, arrêtés à Nice, y avaient été tués peu après leur arrivée au camp en octobre 1943. C’est là aussi que mourut en 1944 le fils de Ruben, Jean-Pierre, né en 1921.
Son nom est inscrit parmi les 323 noms du monument commémoratif de la Résistance bas-alpine, place du Terreau, à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence).
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Loire-Atlantique, 305 J. — Arch. dép. Alpes-de-Haute-Provence 42 W 109. ⎯ Jacqueline Ribot-Sarfati, « Camps d’internement et déportations des Juifs dans les Basses-Alpes, de la guerre aux occupations italienne et allemande (1939-1944) » in Robert Mencherini dir., Provence-Auschwitz. De l’internement des étrangers à la déportation des juifs 1939-1944, Aix-en-Provence, PUP, 2007. ⎯ Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, 2001, p. 47. — Mémorial GenWeb. — Site gillesdubois.blogspot.com. ¾ Site bdi.memorialdela shoah.org. ¾ renseignements Jean-Louis Panicacci. — État civil en ligne cote 1E 1744, vue 43.

Jean-Marie Guillon, Annie Pennetier

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