Né le 3 mai 1923 à Paris (XIVe arr.), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; résistant FFI groupe d’Aubusson, AS.

Guy Gibez était le fils de Lucien, Victor Gibez, né à Paris en 1899, dessinateur, et de Marie Antoinette Gandy, originaire d’Aubusson, âgée de 23 ans, tapissière à Paris. Marie Antoinette Gandy, née à Aubusson le 11 mai 1900, s’était installée avec sa mère Marie Madeleine également tapissière, à Paris. Guy Gibez, âgé de 21 ans en 1944, était alors marié avec Josette, Pierrette Verlet. Au vu de sa classe d’âge, 1923, on peut émettre l’hypothèse qu’il fut requis pour le STO. Il vint alors se réfugier en Creuse, à Aubusson auprès de sa tante maternelle, Rachel Gandy mariée avec François Chevalier (c’est son cousin germain Auguste Chevalier, âgé de 23 ans, qui vint à Janaillat, le 13 juin 1944, reconnaître son corps après son décès).
Au soir du 7 juin 1944, après le départ des Feldgendarmes stationnés à l’Hôtel de France d’Aubusson, un groupe de résistants dont vraisemblablement Guy Gibez se saisit du contrôle de la ville. Le retour des troupes allemandes arrivant par la route de Clermont-Ferrand, les 8 et 9 juin obligea les résistants à se disperser. C’est dans ce contexte que le 9 juin 1944, Guy Gibez quitta Aubusson, pour gagner le maquis avec d’autres résistants aubussonnais. Il faisait partie du convoi transportant des résistants d’Aubusson et de Vallière se dirigeant vers Bellesauves (commune de Janaillat) pour rejoindre le maquis de l’AS qui y avait établi son poste de commandement. Arrivant de Pontarion le convoi fut intercepté au carrefour de Combeauvert (commune de Janaillat), carrefour entre la route de Guéret et celle reliant Pontarion et Janaillat. Des éléments de la division Das Reich (bataillon du régiment Der Führer), renseignés par un avion de reconnaissance, y avaient dressé un barrage pour intercepter les maquisards qui venaient de quitter Guéret le matin même, suite à la contre-attaque allemande pour reprendre la ville libérée par la résistance le 7 juin. Peu armés et pris par surprise, les résistants de ce convoi ne purent se défendre, plusieurs d’entre eux furent tués dans l’embuscade, les autres dont Guy Gibez faits prisonniers, furent fusillés sommairement quelques centaines de mètres plus loin (trois fusillés blessés purent s’enfuir et être secourus, profitant du départ immédiat des allemands).
Guy Gibez obtint la mention Mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts d’Aubusson. Il figure également sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud, et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : Robert Petit La collaboration, la Résistance et l’épuration à Aubusson (1940 – 1945) Ed. Alice Lyner 2013 — René Castille Préparation et réalisation de la première libération de Guéret in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil, Arch. Dép. en ligne Creuse et Paris, mairie d’Aubusson, registre des décès, 1945 acte n° 39, transcription.

Michel Thébault

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