Né le 21 août 1924 à Aubusson (Creuse), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; étudiant en école d’ingénieurs ; résistant FFI groupe de Vallière, AS.

Louis Melon était le fils de Germain Jean Baptiste Théodore Melon, âgé de 22 ans à sa naissance, instituteur et de Marie Marguerite Annette Ségeron, âgée de 24 ans, institutrice. Ses parents s’étaient mariés le 17 juillet 1923 à Aubusson. Marie Segeron (fille de Julien Annet Ségeron, photographe à Aubusson) était alors institutrice à Saint-Martin-Château (Creuse) et Germain Melon (ses parents étaient propriétaires à Clairavaux), effectuait son service militaire et était sous-lieutenant de réserve au 402ème Régiment de défense contre aéronefs. En 1944 ils résidaient à Vallière (Creuse) où ils étaient directeurs de l’école publique du village, leur fils Louis était élève ingénieur électricien. Le 6 juin 1944 « dans l’extraordinaire enthousiasme suscité par le débarquement allié du 6 juin » (Marc Parrotin op. cit), Louis Melon décida avec trois camarades du village de rejoindre la Résistance et de « gagner le poste de commandement des CFL à Janaillat » (id.). Au soir du 7 juin 1944, après le départ des Feldgendarmes stationnés à l’Hôtel de France d’Aubusson, un groupe de résistants s’était saisi du contrôle de la ville. Le retour des troupes allemandes arrivant par la route de Clermont-Ferrand, les 8 et 9 juin obligea les résistants à se disperser. Un groupe de résistants se dirigea vers la commune de Vallière dans le but de rejoindre le poste de commandement de l’Armée secrète (AS) établi à Bellesauves, commune de Janaillat. A Vallière, un groupe de jeunes gens, auquel appartenait Louis Melon intégra le convoi. Ce convoi transportant les résistants d’Aubusson et de Vallière se dirigea donc vers Bellesauves (commune de Janaillat) pour rejoindre le maquis de l’AS. Arrivant de Pontarion, il fut intercepté au carrefour de Combeauvert (commune de Janaillat), carrefour entre la route de Guéret et celle reliant Pontarion et Janaillat. Des éléments de la division Das Reich (bataillon du régiment Der Führer), renseignés par un avion de reconnaissance, y avaient dressé un barrage pour intercepter les maquisards qui venaient de quitter Guéret le matin même, suite à la contre-attaque allemande pour reprendre la ville libérée par la résistance le 7 juin. Peu armés et pris par surprise, les résistants du petit convoi ne purent se défendre, le gendarme Morel, l’un des rares à posséder une arme fut tué sur le champ dans l’embuscade, ainsi que peut-être Louis Melon en tentant de s’enfuir, les autres, faits prisonniers, furent fusillés sommairement quelques centaines de mètres plus loin (trois fusillés blessés purent s’enfuir et être secourus, profitant du départ immédiat des allemands pour Guéret). Louis Melon fut inhumé à Vallière.
Il obtint la mention Mort pour la France et fut homologué FFI et Interné Résistant. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vallière. Il figure également sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud, et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. En 1947 une plaque à sa mémoire et à celle de ses camarades fut apposée dans la cour de l’école de Vallière.
Son père Germain Melon, instituteur, également engagé dans la Résistance (SHD GR 16 P 409756), commanda pendant l’été 1944, le 11ème bataillon FTPF, du sous-secteur A de la Creuse.
Sources

SOURCES : SHD GR 16 P 409763 — René Castille Préparation et réalisation de la première libération de Guéret in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des hommes — Mémorial genweb — État civil, mairie d’Aubusson, registre des mariages 1923 acte n°25.

Michel Thébault

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