Né le 24 juin 1903 à Paris VIIIème arr. (Seine), mort en action le 17 août 1944 à Savigny-l’Evescault (Vienne) ; résistant AS de la Vienne.

Jean Claude Lévy
Jean Claude Lévy
Jean Claude Lévy était le fils d’Émile, Paul Lévy âgé de 33 ans à sa naissance, docteur en médecine et de Sophie, Andrée, Lucile Lévy âgée de 24 ans, tous deux domiciliés à Paris, VIIIème arrondissement, 48 rue de la Victoire. Vraisemblablement mobilisé en septembre 1939, il vint peut-être dès l’été 40 à sa démobilisation, se réfugier dans le département de la Vienne. Une famille apparentée à la famille Lévy, Léon Adler et Alice Hullmann avaient acheté dans l’entre-deux-guerres, une propriété (aujourd’hui encore appelée Clos Adler) dans la commune de Saint-Martin-La-Rivière (Vienne). Lors du tracé de la ligne de démarcation dans la Vienne, Saint-Martin-La-Rivière se retrouva en zone libre, à l’est du village de Tercé qui marquait le passage de la ligne. Son mari étant décédé en 1930, Alice Adler vint s’y réfugier avec ses trois filles Denise née en 1893, Simone née en 1896 et Suzanne née en 1900. Leur cousin Jean Claude Lévy les y rejoignit donc en zone libre. Il s’engagea, à une date qui reste à préciser, dans la Résistance, rejoignant un maquis de l’Armée Secrète (AS) de l’est du département. Le groupement « Le Chouan » de A.S, connut après le 6 juin 1944 une forte croissance de ses effectifs et créa par division de ceux-ci, début juillet 1944, un nouveau maquis : « Crespin – Le Caïd » dont fit partie Jean Claude Lévy. Il y fut nommé sergent-chef, ce qui témoigne sans doute du fait qu’il avait acquis une certaine expérience militaire.
Le 14 août 1944 alors que les premiers signes d’un départ imminent des troupes allemandes et de leurs collaborateurs se précisaient, les maquis de la Vienne sur ordre du commandement départemental des FFI vinrent s’établir en périphérie de la ville de Poitiers, la Libération de Poitiers semblant proche. Les maquis du groupement Le Chouan de l’Armée Secrète s’installèrent dans les communes périphériques de Poitiers, à l’est de la ville. Des éléments du maquis Crespin- Le Caïd sans doute commandés par Jean Claude Lévy furent placés dans une position exposée à Savigny-l’Evescault. L’axe routier vers l’est de Poitiers étant stratégique pour le repli des troupes allemandes vers l’est de la France, celles-ci lancèrent le 17 août toute une série d’opérations pour dégager les sorties est de la ville. Des combats opposèrent sur la commune de Savigny-l’Evescaut (Vienne) à proximité de la RN 147, les forces allemandes au groupe Crespin-Le Caïd (AS). Sous la violence de l’attaque allemande, le maquis tenta de se replier vers la commune de Tercé proche. Rapidement submergé Jean Claude Lévy tenta lui aussi de se replier mais fut tué dans le combat en même temps que deux camarades Pierre Bernanose et Gérard Bary. Son corps fut retrouvé « dans un fossé dans la direction de Nieuil-l’Espoir en face du village de Chateaumerle. Il était atteint d’une balle dans le côté gauche » (acte de décès).
Il obtint la mention Mort pour la France, fut homologué FFI et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Martin-La-Rivière ainsi que sur un monument dressé à la sortie de Savigny-l’Evescault, vers Tercé, à la mémoire de quatre combattants du maquis Crespin – Le Caïd tués au combat.
Il ne fut identifié qu’en 1947 et fut inhumé à Saint-Martin-La-Rivière dans le caveau de la famille Adler.
A ses côtés sur la pierre tombale figure le nom de Denise Adler, déportée par le convoi n° 35 au départ de Pithiviers le 21 septembre 1942 vers Auschwitz et qui périt à Auschwitz. Bien que déportée comme juive, une incertitude demeure cependant sur les raisons de sa déportation et sur ses liens avec la Résistance : le registre d’écrou de la Pierre Levée, la prison de Poitiers (Arch. Dép. de la Vienne 1567 W art. 48 et suivants), indiquent qu’elle fut incarcérée pour franchissement de la ligne de démarcation et condamnée à 3 mois de prison du 10 juin 1941 au 10 septembre 1941. Elle fut à nouveau condamnée du 28 septembre 1941 au 28 mars 1942 pour fausse attestation. Selon des souvenirs locaux (Savigny-l’Evescault op. cit.), elle aurait "été surprise alors qu’elle passait du courrier à vélo de la zone libre vers la zone occupée". Transférée après sa détention au camp de la route de Limoges à Poitiers (centre de rétention des juifs), elle y fut internée du 28 mai 1942 au 06 août 1942. Les recherches historiques ne permettent pas actuellement de résoudre cette question.
Sources

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 370450 — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — Geneviève Bouhet et Anne Venisse Savigny-l’Evescault sous l’occupation ED. BM Savigny-L’Evescault — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — La Nouvelle République, 27avril 2017, Denise Adler, une femme sur le monument aux morts — État civil, mairie de Savigny-l’Evescault..

Michel Thébault

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