Né le 4 janvier 1902 à Ruffey-sur-Seille (Jura), mort au cours d’un combat le 24 mars 1944 à Lyon (Rhône), chemin de Montauban (Ve arr.) ; surfaceur en optique ; membre des groupes francs de l’Armée secrète (AS) à Lyon (Rhône).

20, montée de la Chana : plaque commémorative
20, montée de la Chana : plaque commémorative
Auteur : Comité d’intérêt local de Vaise (Lyon)
Alfred, Célestin Petot était le fils de Léon Petot et de Marie Gand. Ses parents étaient cultivateurs. Il avait deux frères : Maurice, né en 1894, et Valère, né en 1897. Enfant, il vécut rue Neuve à Ruffey-sur-Seille (Jura). Alfred Petot se maria avec Andrea et eut deux enfants. Son fils Valère naquit le 24 septembre 1929 à Prémanon (Jura). Alfred Petot était surfaceur en optique.
Les Petot s’installèrent à Lyon (Rhône), 20 chemin de Montauban (Ve arr.). Alfred Petot s’engagea dans la Résistance. Il fut membre des groupes francs Ve Bureau de l’Armée secrète (AS). Des réunions clandestines eurent lieu à son domicile.
Le 22 mars 1944, vers 22 heures, le milicien (ou peut-être membre du PPF) Maurice Blanc frappa à la porte des Petot. Il prétendit s’être évadé de la prison de Montluc et déclara venir de la part de « Desplanche dit Louis », membre du même groupe franc qu’Alfred Petot, parce qu’il souhaitait entrer dans la Résistance (« Desplanche dit Louis » était probablement Louis Desplanches, demeurant 33 chemin de Montauban, arrêté le 13 mars 1944 et interné à Montluc). Alfred Petot vérifia les papiers d’identité de Maurice Blanc et lui offrit l’hospitalité pour la nuit.
Le 24 mars, en fin de journée, Maurice Blanc se présenta à nouveau au domicile des Petot. Valère Petot lui ouvrit. Maurice Blanc, armé de deux revolvers, lui cria « Haut les mains, police allemande » ! Croyant qu’il plaisantait, le fils Petot répliqua « tu n’es pas fou » ? Maurice Blanc tira un coup de revolver en l’air et ordonna « sortez tous dehors » ! Valère Petot, sa mère et Marie-Louise, la fille de Louis Desplanches, qui était présente, obéirent. Une dizaine d’individus les gardèrent prisonniers pendant que Maurice Blanc et six autres hommes guettèrent Alfred Petot. Lorsque celui-ci arriva vers 21 heures, il refusa de se rendre et tira sur les individus qui tentaient de l’arrêter. Il tua l’un de ses assaillants et blessa Maurice Blanc au bras. Maurice Blanc tira à son tour et toucha mortellement Alfred Petot d’une balle dans le dos.
Andrea Petot, son fils Valère et Marie-Louise Desplanches furent conduits à l’École de Santé militaire (siège de la Gestapo, avenue Berthelot), puis il furent incarcérés le jour même à la prison de Montluc.
Informés par la police allemande, des policiers français firent transporter le corps d’Alfred Petot à l’Institut médico-légal. Le 4 avril 1944, il fut inhumé au cimetière de la Guillotière (Lyon).
Le 1er mai 1944, Andrea Petot et Marie-Louise Desplanches furent déportées à Ravensbrück via le fort de Romainville (Les Lilas). Andrea fut rapatriée le 19 mai 1945 et Marie-Louise, le 11 juillet 1945. Le 19 juin, Valère Petot fut remis à la police française puis transféré le 21 juin à l’hôpital psychiatrique du Vinatier (Bron). Il fut acquitté par le tribunal correctionnel et libéré le 25 juillet 1944.
Alfred Petot fut homologué FFI. Il obtint le titre d’interné résistant et la mention Mort pour la France. Le 16 février 1946, son corps fut exhumé et placé dans un carré militaire. Exhumé à nouveau le 20 septembre 1957, il fut enterré à la nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne, Rhône), carré A, rang 13, sépulture 14. Une plaque commémorative, située 20 montée de la Chana (Lyon, Ve arr.), porte l’inscription : « Les groupes francs lyonnais à leur camarade Petot Alfred lâchement assassiné par la milice le 24 mars 1944 ».
Notice en cours de rédaction.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W962 (Mémorial de l’oppression), 3335W30, 3335W17, 3335W22, 3335W18, 3335W27, 3335W14, 3335W15, 3335W26, 3335W10, 3335W19 (fichier Montluc, fiches et dossiers d’Alfred Petot, Valère Petot, Andrea Petot, Marie-Louise Desplanches, Louis Desplanches), 45W50 (rapports journaliers du commissariat central de Lyon).— Arch. Mun. Lyon, acte de décès 471 (Ve arr.), 1899W15 (convois funéraires).— Arch. Dép. Jura, recensement de population de Ruffey (1911).— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P (dossiers administratifs de résistants) .— Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2824 engagements, 2003.— Mémoire des Hommes.— Site Internet Numelyo.

Jean-Sébastien Chorin

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