Né le 23 août 1927 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine ; Val-de-Marne) ; tué le 29 juillet 1944 lors d’un combat entre des FTP et des militaires allemands aidés de miliciens à Plévin (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) ; FTP au Bataillon Guy Moquet.

Fils d’Auguste, Simon, Eiffel Tilmant, né en 1889 à Presles, province de Hainaut en Wallonnie (Belgique), monteur puis tôlier et de Charlotte, Delphine, Marie Toutain, née en 1897 à Vimoutiers (Orne), ménagère, demeurant au 58 rue Bourdignon à Saint-Maur-des-Fossés. Le couple se maria le 30 décembre 1919 à La Garenne-Colombes (Seine ; Hauts-de-Seine) demeurant au 21 rue Kléber à La Garenne-Colombes.
André Tilmant eut 3 frères : Raymond né en 1920 à Puteaux (Seine ; Hauts-de-Seine), Jean né en 1926 à Briare (Loiret) et Gaëtan né en 1931 à Saint-Maur-des-Fossés.
La famille s’installa par la suite à Jaudrais (Eure-et-Loir), elle était impliquée dans la Résistance locale.
Jean fit partie du Mouvement Libé-Nord.
André Tilmant intégra un groupe de Résistants de son secteur, ayant récupéré une arme qu’il amena à la maison, cette arme fut la source d’un conflit avec son père, c’est sur ce malentendu qu’il quitta le domicile familial de Jaudrais.
Ce serait le hasard d’une rencontre non précisée qui aurait amené André Tilmant dans le sud-ouest des Côtes-du-Nord.
Depuis le 6 juin 1944, les combats n’ont cessé de s’intensifier contre les Allemands. Toute la région du sud-ouest des Côtes-du-Nord est devenue pour eux une zone d’insécurité permanente.
Les dernières attaques contre leurs convois les ont rendus furieux. Ils ont compris qu’il fallait anéantir la Résistance dans ce secteur. Par recoupements et par les renseignements des agents de la Milice française à leur service, ils savent que des éléments du « Bataillon Guy Moquet » se trouvent au sud du canal de Nantes à Brest sur le territoire de trois communes : Paule, Plévin et Tréogan dans les Montagnes Noires à la limite du Bois de Conveau dans le Morbihan. Ils savent que, depuis le parachutage d’armes et de munitions du 23 juillet 1944, le bataillon est en état d’offrir une résistance importante et que seule une attaque en force a des chances d’en venir à bout. Toutefois ils ignorent le dispositif adopté par le bataillon et la tactique défensive mise au point en cas d’attaque.
Le 29 juillet 1944, les militaires allemands estimés au nombre de 3000 déclenchèrent une vaste opération cernant le triangle formé par les communes de Paule, Plévin et Tréogan (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).
Les Allemands considéraient que les FTP y étaient fortement implantés. L’axe routier du centre Bretagne passant à proximité étant pour eux d’une grande importance stratégique.
Le Bataillon FTP « Guy Moquet » formé au mois de juillet 1944 avait à sa tête Guillaume Leverge « commandant Denis », (malgré deux pieds amputés), et Robert Laveuve alias « Simon ».
La compagnie Auguste Dugay, la compagnie Scottet – Bertlhelom, la compagnie Pierre Louis Menguy, la compagnie Ernest Le Borgne, le maquis de Kergrist-Moëlou - Locarn et la compagnie Charles du bataillon Koenig participèrent à ces combats.
Les combats centrés aux environs du lieu-dit « La Pie » en Paule débutés à l’aube se terminèrent dans la soirée, des civils furent pris en otages et abattus, des maisons furent incendiées.
La tentative d’encerclement et d’anéantissement du Bataillon « Guy Moquet » fut un échec pour les Allemands.
Le soir même, la BBC de Londres cita cette « bataille » et rendit un hommage mérité à la résistance bretonne.
Neuf FTP perdirent la vie au cours des combats de « La Pie » : André Gouriou, Roger Herviou, Jean Le Bris, Laurent Caradec, Yves Herniou, André Ruelleux, Pierre Le Roux, Antony Mokorko et André Tilmant.
Trois otages civils furent abattus à Tynevez en Paule : Joseph Louis Le Goff, Théophile Pencreac’h et Lucien Dévédec.
Trois autres civils arrêtés furent abattus alors qu’ils travaillaient paisiblement dans les champs à Kerhouarn en Paule : André Daniel, Yves Guillemot et Jean Le Bourhis. Basile Poher, également arrêté et abattu, échappa miraculeusement à la mort, réchappant même au coup de grâce, lui ayant traversé le crane !
De leur côté, les Allemands eurent de lourdes pertes qui ne purent être chiffrées.
Au cours du combat, André Tilmant sortit du bois, il s’avança vers l’ennemi lança une grenade qui tua un allemand, il fut abattu de plusieurs rafales de mitraillettes. Son camarade Roger Herviou fut abattu à son tour. Leurs corps furent retrouvés à proximité du cimetière Saint-Jean en Plévin.
André Tilmant allait avoir 17 ans, il fut l’un des plus jeunes Résistants tués au combat du département, son nom figure sur La stèle à Saint-Jean en Plévin, Le monument de la Déportation et de la Résistance, à La Pie en Paule et sur le monument aux morts de Jaudrais (Eure-et-Loir).
André Tilmant fut inhumé au cimetière de Saint-Lubin-des-Joncherets (Eure-et-Loir).
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Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 2W236. – Archives de l’ANACR. – Alain Prigent et Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les Lieux de Mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n° 10 (2004) et n° 11 (2005), archives de Christine Tilmant nièce d’André Tilmant.

Alain Prigent, Serge Tilly, Christine Tilmant

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