Né le 29 décembre 1896 à Bouira (Algérie), exécuté en représailles le 18 août 1944 à Vénissieux (Rhône) ; percepteur ; résistant FFC en Ardèche.

Vincent Touchet était le fils de François, Symphorien Touchet et de Vicenta, Maria Baldo. Son père décéda le 15 mai 1900 à Bouira (Algérie). L’année de son recensement militaire, Vincent Touchet demeurait à Alger, Beau Séjour, villa Prosper. Il était employé. Il fut incorporé le 10 avril 1915 dans le 2e régiment de zouaves en Algérie. Le 10 octobre 1915, il passa au 1er régiment de zouaves dans l’armée d’Orient (son bataillon faisait sans doute partie du 2e régiment de marche d’Afrique). Le 12 février 1916, Vincent Touchet fut promu soldat de 1ère classe. Le 30 mars 1917, il intégra le 9e régiment de tirailleurs à Aix. Il combattit en France jusqu’au 25 novembre 1918, jour où il fut évacué pour maladie (« Amaigrissement et bronchite ») alors qu’il était en service commandé à Soissons (Aisne). Il rentra au dépôt en Algérie le 1er février 1919. Atteint d’une maladie en rapport avec le service, Vincent Touchet fut réformé définitivement. Il fut proposé pour une pension temporaire de 20% par la commission de réforme d’Alger du 22 août 1919 puis par la commission de réforme de Grenoble du 20 octobre 1923 pour une affection pulmonaire.
Vincent Touchet se maria avec Elisa Valla et eut cinq enfants. Son fils René naquit en 1922 à Saint-Étienne-en-Dévoluy (Hautes-Alpes). En 1944, Vincent Touchet demeurait au Teil (Ardèche), quartier Roury, et il exerçait la profession de percepteur. Il s’engagea dans un réseau de Résistance.
Le 8 août 1944, à 20h30, il fut arrêté à son domicile par la Milice. Il fut conduit dans la Drôme, incarcéré à Montélimar, puis à Valence le 11 août et transféré à la prison de Montluc (Lyon, Rhône) où il fut interné dans la cellule 124.
Le 18 août 1944, vers 9h30, Vincent Touchet et quatre autres détenus furent exécutés devant le garage Renault, 364 route de Vienne (Vénissieux, Rhône), en représailles de l’action commise le 9 août dans ce même garage par des résistants.
Le cadavre numéro 1 découvert sur les lieux de l’exécution par la police était sans doute le sien : cheveux châtains grisonnants, taille 1m80, yeux gris, nez rectiligne, « vêtu d’une veste bleu marine, avec rayures, d’un pantalon gris, d’une chemise bleue avec ces rayures blanches, chaussettes blanches en laine souliers bas noirs avec élastiques ». Aucune pièce d’identité ne fut retrouvée sur lui. Son corps fut conduit à l’institut médico-légal de Lyon. On lui attribua le numéro 422. Une petite valise bleue renfermant du linge, inventoriée parmi les affaires des victimes, fut identifiée par sa femme comme étant la sienne. Le 21 septembre 1944, son corps fut reconnu par son fils René au service de l’identité judiciaire, rue Vauban à Lyon.
Vincent Touchet fut inhumé le 21 août 1944 au cimetière de la Guillotière (Lyon). Exhumé le 13 septembre 1945, il fut enterré à Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche).
Il fut homologué FFC. Il obtint le titre d’interné résistant et la mention Mort pour la France. Par décret du 27 août 1948, la médaille d’argent de la Reconnaissance française lui fut décernée pour faits de Résistance. Son nom apparaît sur le monument aux morts 1939-1945 de Vénissieux, sur le monument aux morts du Teil et sur le monument commémoratif 1939-1945 de Longessaigne (Rhône). Il existe une rue Vincent Touchet au Teil.
Notice en cours de rédaction.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W1117 (service du Mémorial de l’oppression), 3335W22, 3335W12 (fichier Montluc), 3460W3 (procès-verbal d’identification).— Arch. Mun. Lyon, 1899W016 (convois funéraires).— ANOM, 1RM162 (fiche matricule en ligne).— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P (dossiers administratifs de résistants).— Journal officiel de la République française, 11 septembre 1948.— Mémorial Genweb.— Site Internet Geneanet.

Jean-Sébastien Chorin

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