Né le 31 mars 1902 à Ploulec’h (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) ; exécuté sommairement le 8 août 1944 par des militaires de l’armée allemande à Plouvien (Finistère) ; chauffeur dans une entreprise de transport ; civil requis.

photo Serge Tilly
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AD 22 2W236
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Fils naturel de Cécile Roussel, ménagère qui demeurait à Goasmat en Loguivy-lès-Lannion (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor), épousa en première noce Nathalie Le Saux, puis Louise Boulanger, couturière, le couple demeura rue Beg-ar-Land en Lannion.
Pierre Roussel, fut exécuté sommairement à 14h au centre du bourg de Plouvien d’une balle tirée dans le dos, sans doute pour éviter d’être un témoin gênant de ce massacre auquel il assista. Un papier fut retrouvé dans une de ses poches, ce fut un ordre de réquisition. Son corps fut découvert le lendemain à Kerdu en Plouvien à proximité de tranchées abris, le vicaire de Plouvien Le Floch témoigna : "A mon arrivée, j’ai trouvé 18 cadavres dont celui de Pierre Roussel".
Dans les jours qui précédèrent la Libération, les troupes allemandes cherchèrent à se mettre en sécurité dans leurs grandes bases navales qu’elles occupaient à Brest (Finistère) et à Lorient (Morbihan).
Dans leurs déplacements, elles subirent le harcèlement de la Résistance, se livrant à des crimes commis sans objectif militaire, tuant de paisibles gens rencontrés dont le seul tort fut d’être au mauvais endroit au mauvais moment.
Ce fut durant cette période qu’il y eut le plus de victimes recensées : tuées aux combats, abattues, massacrées...
Lundi 7 août 1944, les troupes de l’armée américaine arrivèrent aux abords de Brest, elles passèrent dans Plouvien - distant de 20 km - à la grande joie de la population qui fêta la Libération, joie de courte durée.
Mardi 8 août 1944, les troupes de l’armée allemande cherchant à rejoindre Brest venant de divers lieux dont certains des Côtes-du-Nord passèrent dans le bourg de Plouvien, harcelées par la Résistance, en représailles elles semèrent la mort en exécutant sommairement 24 personnes sur leur passage de 12h30 à 16h30.
Mardi 8 août 1944.
12h30, à Kroas-Hent an Narret sur la route de Guesnou :
- Henri Frontero, 26 ans,
- Jean Goarant, 25 ans,
- Pierre Le Bozec, 31 ans,
- Adolphe Loaec, 25 ans,
- François Penhoat, 24 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Kerbrat, 49 ans,
- son fils Jean Kerbrat, 24 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- Joseph Lucas, 29 ans,
- Joseph Romeur, 34 ans.
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Léon, 42 ans,
- François Ménec, 18 ans,
- sa soeur Janine Ménec, 4 ans,
- Jean Parcheminou, 16 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Bihan, 45 ans,
- François Guiavarc’h, 20 ans,
- Jean Le Her, 31 ans,
- Jean Perros, 59 ans.
- son fils Eugène Perros, 19 ans,
14h, au centre du bourg de Plouvien :
- Pierre Roussel, 42 ans,
14h, au centre du bourg de Plouvien :
- Marcel Masson, 16 ans,
14h30, au centre du bourg de Plouvien :
- Baptiste Espinasse, 52 ans.
14h45, au centre du bourg de Plouvien, près de l’église :
- Emile Salaun, 62 ans,
16h30, à Kroas-Beleg an Dare sur la route de Guesnou :
- Jean-Marie Le Gall, 43 ans,
- son fils Claude Le Gall, 13 ans,
Mercredi 9 août 1944, 3 autres personnes exécutées sommairement.
l’après-midi, rue Languiden en Plouvien :
- Marie Arzur, 74 ans.
l’après-midi, à Kereozen en Plabennec sur la route de Loc-Brévalaire :
- Jean Marie Guillermou, 63 ans,
- Yves Le Roux, 66 ans.
Les noms des 27 victimes figurent sur le monument du bourg de Plouvien, parmi celles-ci : 3 pères de famille et leurs fils, 1 frère et sa soeur, 5 enfants ou adolescents, 4 personnes âgées dont une femme et un prêtre.
Ce même jour, les troupes de l’armée américaine engagèrent à Plouvien un combat avec pilonnage de l’aviation alliée qui aboutit à l’anéantissement d’une grande partie des troupes allemandes.
Après avoir subi de nombreuses attaques de l’aviation alliée, une colonne de militaires allemands rescapée des combats se replia sur la route de Loc-Brévalaire en Plouvien. Vers 15 h, un groupe de ces militaires fit irruption dans la ferme de Kereozen en Plabennec, voulant venger la mort d’un des leurs, trouvé sans vie dans un champ près de la ferme. Après avoir fait sortir les femmes et les enfants, ils exécutèrent sommairement les 7 hommes présents puis mirent le feu aux bâtiments.
Dans ces engagements les Américains eurent 75 tués, leurs noms figurent sur le Mémorial de L’Ormeau en Plabennec. Les Allemands eurent 200 à 300 tués et plusieurs centaines d’entre eux furent faits prisonniers.


Plouvien (Finistère) : 8 et 9 août 1944
Sources

SOURCES
Arch. Dép. Côtes d’Armor 2W236. — Bulletin municipal, Échos de Plouvien, n° 11, janvier 1994.

Alain Prigent, Serge Tilly

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