Abattu sommairement le 17 juillet 1944 à Cosnat, commune de Vidaillat (Creuse) ; résistant 1ère CFL. AS.

Au début du mois de juin 1944, avec la montée en puissance des maquis surtout à partir du 6 juin, le 1er bataillon CFL (Corps Francs de la Libération) de l’Armée secrète (AS) se constitua dans le secteur de Janaillat (Creuse). La 1ère compagnie (1ère CFL) commandée par le lieutenant Robert Undriener s’installa au hameau de Cosnat, commune de Vidaillat, où elle cantonna du début juin à la mi-juillet 1944. A ce moment, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entrèrent en Creuse pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. L’une des unités opérant des opérations de ratissage dans le secteur de Bourganeuf (Creuse) eut un accrochage à La Pouge (Creuse) dans l’après-midi du 16 juillet avec des éléments de la 1ère CFL. Cette embuscade suivie d’un repli des maquisards permit à l’unité allemande de localiser en fin de journée, dans la commune de Vidaillat, et plus précisément au hameau de Cosnat, le lieu de repli et de repos de la 1ère compagnie franche du lieutenant Robert Undriener. Une opération de nuit fut aussitôt décidée par le commandement allemand. Surpris dans leur sommeil, les jeunes maquisards n’opposèrent qu’une faible résistance. Les troupes allemandes parvinrent à encercler une des granges. Quatre jeunes maquisards périrent dans l’incendie de cette grange, incendie consécutif à l’attaque par fusillade et lancer de grenades. Sur la stèle dressée après la guerre à l’entrée du hameau de Cosnat figure le nom d’André Gimenon. Cependant aucun acte de décès ne fut dressé pour lui ni pour aucun des trois autres jeunes maquisards morts dans l’incendie, au registre de décès de la commune de Vidaillat. La seule référence est un extrait du livre de Marc Parrotin Le temps du maquis (op. cit. p. 431) : « Dans le fenil de gauche, André Gimènon, un grand garçon aux cheveux frisés s’est dressé, le pistolet au poing, alors qu’un boche projetait de son côté le gros faisceau lumineux d’une lampe torche ; une rafale l’a abattu. » Mais les sources du témoignage recueilli ne sont pas fournies et Marc Parrotin dans sa recension établie pour le mémorial de la résistance creusoise n’a pu établir sa date de naissance. Les listes des morts pour la France (AVCC Caen) comme celles des homologations pour faits de résistance (Vincennes) ne comportent aucun Gimenon. Par contre il y a deux Gimeno nés en Espagne morts pour la France et 17 Gimeno homologués FFI dont 11 nés en Espagne. La question se pose donc de l’identité véritable de ce résistant, l’absence de recherche des familles après le conflit pourrait permettre d’envisager l’hypothèse d’un réfugié, républicain espagnol engagé dans la résistance creusoise. Son corps ainsi que celui de deux de ses camarades ne put être identifié. Ils furent tous trois après la guerre inhumés dans l’ossuaire du monument de Combeauvert, commune de Janaillat.
Son nom est inscrit sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). Toute personne qui posséderait des informations sur ce résistant peut prendre contact avec le dictionnaire Maitron.
Sources

SOURCES : Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Creuse Résistance, dossier Jean Geneton une semaine en enfer : celle du 16 juillet 1944 — Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

Michel Thébault

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