Né le 6 janvier 1917 à Leubringhen (Pas de Calais), tué le 2 septembre 1944 à Domont (Seine-et-Oise, auj. Yvelines) ; résistant FFI (BOA, action P).

André Baude fut le sixième enfant d’une fratrie de sept garçons. Son père était maréchal-ferrant, et sa mère ménagère. Celle-ci mourut en couches, lors de la naissance de son dernier enfant ; André Baude avait deux ans. Sept ans plus tard, il perdit son père, et fut placé chez une tante puis une autre. À douze ans, il fut confié à l’Assistance publique, qui le remit à une famille d’accueil de Rétry (canton de Marquise, Pas-de-Calais). André Baude passa le certificat d’études, et obtint la première place du canton. Il fut embauché comme apprenti mouleur aux usines métallurgiques de Marquise. Il passa le CAP à dix-sept ans, avec une mention très bien et en tête de sa promotion. Il fut cependant renvoyé de son usine l’année suivante, pour avoir fait un pot-au-feu sans autorisation, qu’il destinait à une vieille tante qui l’hébergeait.
Sans travail, il s’engagea au 150e régiment d’infanterie, à Verdun. Il se fit remarquer par ses qualités de tireur. Il devient sergent infirmier-brancardier. Le 23 avril 1938, André Baude se maria avec Marguerite Falampin, à Wissant. Le couple eut deux enfants : Anne, née à Verdun e 25 mai 1939, et Norbert, né à Wissant le 6 août 1942.
Au cours de la campagne de France, le 20 mai 1940, André Baude put mettre à l’abri son chef de section. Celui-ci lui remit son commandement. André Baude et ses hommes purent reprendre un pont aux Allemands. Son attitude lui valut une citation à l’ordre de la brigade, et la croix de guerre lui fut décerné le 22 décembre 1941. Néanmoins capturé, André Baude fut interné dans un camp de prisonniers en Autriche. Sa qualité d’infirmier lui permit d’être libéré. Il fut alors affecté au sanatorium de Franconville. Malade et souffrant de dysenterie, il fut rapatrié dans sa famille, à Wissant.
C’est à ce moment qu’il entra en contact avec des éléments de la Résistance, notamment Alice Lamey. Infirmière de la Croix-Rouge pendant la première guerre mondiale, elle lui permit d’entrer dans le réseau Jean-de-Vienne, qui fit ensuite partie du BOA. André Baude remplit différents types de mission. Il participa au balisage des terrains de parachutage, à la récupération d’armes et de munitions, d’agents de renseignement, à la fabrication de faux papiers, à l’évasion de soldats alliés, etc. Il obtint à titre posthume un diplôme de reconnaissance des États-Unis.
Marguerite Baude travaillait aux cuisines allemandes, à Wissant. André Baude fut affecté à l’hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé (Seine-et-Oise). Le 1er juin 1944, il entra au BOA, et fut en relation avec le délégué militaire départemental, André Rondenay.
Une dénonciation fut à l’origine de l’arrestation d’André Baude, le 4 août 1944 ; une plaque commémorative, à Saint-Martin-du-Tertre (Seine-et-Oise, auj. Val-d’Oise) indique qu’il fut appréhendé à son domicile (voir ci-dessous). Le responsable de la dénonciation aurait été l’un des cadres du BOA dans l’Oise, « Petit Breton » ; arrêté par les Allemands au début de 1944, il aurait été retourné, ce qui provoqua le démantèlement du BOA oisien. Ce cadre fut abattu le 5 août 1944 dans la forêt de Domont.
Il fut interné à la prison de Fresnes du 6 au 15 août 1944
Le 12 août 1944, à Domont, un franc-tireur isolé tira sur une moto allemande, blessant légèrement le motocycliste et un capitaine allemand. Des barrages furent installés sur toutes les routes et les représailles commencèrent alors. Un groupe de trois hommes (Maurice Cotty, Eugène Duhamel et Henri Morlet) fut arrêté à l’un des barrages au lieu dit « Les Quatre-Chênes ». Maurice Cotty parvint à se libérer, mais les deux autres, pris comme otages, furent immédiatement fusillés sur place.
Le 15 août, les Allemands poursuivirent leurs opérations de représailles à Domont. Le colonel André Rondenay, délégué militaire régional, ainsi que quatre de ses compagnons de la France libre (Louis Lebauge, André Baude, Roger Claye et Alain de Beaufort) furent extraits d’un convoi de déportés en instance de départ pour l’Allemagne, à la gare de Pantin. Ils furent aussitôt conduits en automobile jusqu’à la clairière des « Les Quatre-Chênes », et y furent massacrés vers 14 heures (selon l’enquête menée après la libération). Leurs corps furent laissés sur place.
« Fusillé », André Baude fut reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 15544) à titre militaire le 5 juin 1945. Il fut homologué lieutenant FFI, DIR et membre des FFC (GR 16 P 38449). Son nom figure sur la plaque commémorative de la mairie de Bruay.
Il fut ajouté au monument aux morts de Leubringhen le 8 mai 2009. Il figurait déjà sur celui de Wissant. On peut le lire sur la stèle commémorative élevée au carrefour des Quatre-Chênes, à Domont, qui rappelle l’exécution en ce lieu de vingt-trois résistants entre le 12 et le 16 août 1944.
Lors de la séance tenue le 15 novembre 1944, le comité local de libération de Saint-Martin-du-Tertre demanda au conseil municipal de faire en sorte que la rue de la Forêt, où résidait André Baude, porte désormais son nom, ce que le maire, M. Paranthoën, accepta. La commune de Wissant, où le corps d’André Baude fut réinhumé en 1950, prit une décision similaire : la cérémonie eut lieu le dimanche 30 juin 1963.
Une plaque rappelle l’arrestation d’André Baude le 4 août 1944 à Saint-Martin du Tertre (au 21 rue du Lieutenant-Baude) :
« Ici fut arrêté le 4 août 1944
à 8 h. du matin par la gestapo sur
dénonciation le Lieutenant André BAUDE.
Il fut torturé puis fusillé
par les allemands le 15 août 1944
aux « quatre chênes » à Domont.
Il avait 27 ans et a donné sa vie
pour notre Liberté ».

André Baude reçut la Légion d’honneur à titre posthume (décret du 10 novembre 1960, JO du 16 novembre). Sa veuve, Marguerite Baude, vivait alors à Wissant (Pas-de-Calais) ; elle mourut le 18 mai 1993 à Ambleteuse (Pas-de-Calais), à l’âge de 75 ans. André Baude obtint également la médaille de la Résistance, et la croix de guerre 1939-1945 avec palme d’or.
Sources

SOURCES. SHD, dossiers adm. résistants. —
Fabrice Bourrée, in DVD-ROM La Résistance en Île-de-France, AERI, 2004. — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Mémorial GenWeb ; base Léonore ; musée de la Résistance en ligne ; site de l’OTSI de Saint-Martin-en-Tertre.

Iconographie
ICONOGRAPHIE. Musée de la Résistance en ligne ; OTSI Saint-Martin-du-Tertre ; Mémorial GenWeb

Frédéric Stévenot

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