Né le 21 décembre 1895 à Barmen (Allemagne), exécuté sommairement par les SS le 25 août 1944 à Billy (Allier) ; communiste allemand réfugié en France en 1934 ; Volontaire de l’Espagne Républicaine ; résistant.

Fils de Wilhem et de Dorothée Wasman, Ewald Lünenschloss a quitté l’Allemagne en 1934, menacé pour ses idées communistes. Il se réfugie à Billy (Allier) où il se fait embaucher par l’ingénieur Jean Redon depuis le 17 avril 1934. Il était marié et eut un enfant.
Il s’engage ensuite comme Volontaire de l’Espagne Républicaine puis après son retour, il s’engage dans l’armée française en 1939 au sein de la Légion Étrangère. Il revient dans l’Allier en 1942 et devient cimentier. Le 24 août 1944, il a quitté son travail dans la matinée, sans prévenir son patron et n’est pas réapparu ensuite. Il s’est mis à compter de ce moment au service de la Résistance, à Saint-Pourçain-sur-Sioule. Il déclara à son patron que comme il connaissait les Allemands du Château de la Croix de l’Orne, il voulait aller les trouver pour les inviter à se rendre.
Ce même 24 août Ewald Lünenschloss passa en vélo devant le domicile du charretier de Billy qui l’interpella en lui signalant que l’heure du couvre-feu était dépassée et qu’il risquait de se faire fusiller en prenant la route du château où les Allemands se trouvaient. Mais il continua son chemin vers son domicile de Pouénat, ce qui l’obligeait de passer à proximité du château de la Croix de l’Orne. Selon ce même témoignage, Lünenschloss semblait ivre. Rentrait-il chez lui ou partait-il au château pour convaincre ses compatriotes de se rendre comme il l’avait déclaré à son patron ? Il aurait assuré ou tenté d’assurer un travail de contact avec des soldats de la Wehrmacht et des SS installés au château de la Croix de l’Orme à Billy. Le charretier confirma que Lünenschloss venait juste de rejoindre des éléments du maquis du secteur de Saint-Pourçain-sur-Sioule, deux ou trois jours auparavant.
Il est mort le lendemain, à Billy, le 25 août 1944. Ce jour là, dans l’après-midi, la veille de la libération de Vichy, cinq résistants du groupe FFI du commandant René Privat, alias Didier sont stoppés par un groupe de SS installé depuis la veille au château de la Croix de l’Orme, derrière le carrefour. Conduits en ce château, ils sont alors torturés et mitraillés à Billy.
Ewald Lünenschloss qui travaillait dans le voisinage et ne faisait pas partie du groupe de résistants, fut lui aussi abattu, dans des circonstances et à une heure qu’on ignore. Il est probable qu’il fut capturé le 24 au soir par les Allemands puis enfermé jusqu’à la fusillade des 5 militaires maquisards.
Dans une tranchée proche du château de la Croix de l’Orme, que les Allemands venaient de faire sauter, les gendarmes ont découvert six « cadavres entassés les uns sur les autres, simplement recouverts de branchages ». Quatre militaires de la garde du chef de l’État, un sergent-chef aviateur et Ewald Lünenschloss, présenté comme civil ; six victimes du même crime de guerre. « Traces de balles au-dessus de l’oreille droite », dit le rapport de gendarmerie du 26 août à son propos.
Après guerre (sans doute dès 1945), les Résistants actifs de l’Allier ont érigé un monument qui rend hommage aux victimes du 25 août. Le nom d’Ewald Lünenschloss n’y est pas gravé.
En 2013, l’ANACR a demandé que son nom soit ajouté à la stèle mais cela a été refusé par le président de l’Association en ayant sa charge. Lors de la commémoration du massacre, le 25 août 2017, la mémoire d’Ewald Lünenschloss fut cependant évoquée.
Sources

Sources : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 43. Crimes de guerre à Billy .— "En souvenir des fusillés des Clavettes", La Montagne, Vichy, 6 septembre 2017.— Philippe Cros, "Des résistants veulent réhabiliter le souvenir de l’Allemand antinazi", La Montagne édition Vichy, jeudi 13 juin 2013 .— http://www.kfsr.info/wp-content/uploads/2016/10/katalog-2.pdf .— https://www.gedenkbuch-wuppertal.de/de/person/luenenschloss

Eric Panthou

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