Né en 1909, exécuté sommairement le 29 juillet 1944 à Saint-Herblain (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; travailleur polonais évadé.

Stèle de Saint-Herblain.
Cliché Mémorial Genweb.
Georges Kuron, travailleur polonais, s’évada d’un chantier du mur de l’Atlantique au Croisic (Loire-Inférieure). Un témoin expliqua que comme il n’y avait plus de matériaux au Croisic, onze ouvriers prirent la liberté de partir dans la région nantaise chercher du travail. Le 28 juillet 1944, Georges Kuron et ses cinq compagnons réfractaires au STO, réussirent à se faire embaucher sur un chantier de terrassement à Saint-Herblain,commune limitrophe à Nantes. Ils furent surpris par un paysan alors qu’ils ramassaient des pommes de terre dans son champ. Celui-ci les réprimanda, leur proposa de leur en vendre à un prix très élevé puis les logea dans son étable en leur prenant leurs papiers d’identité. Un soldat allemand qui venait régulièrement à la ferme en soirée, s’aperçut de leur présence et constata que plusieurs cartes étaient fausses. Plusieurs policiers allemands vinrent les chercher, en emmenèrent trois et convoquèrent les trois autres le lendemain matin à 10H, à la Kommandantur de la Basse-Loire installée dans la mairie de Saint-Herblain. Tous furent torturés pour leur faire avouer leurs liens avec la résistance. Ceux qui avouèrent être réfractaires et avoir l’intention de rejoindre les forces de la résistance furent exécutés.
André Alban, Jean Desbrosses, Constantin Dolik, Erwin Kuron , Georges Kuron et Raymond Prévost ont été exécutés sans procès le 29 juillet à 23h30 dans la cour de la mairie de Saint-Herblain.
Jean Niesterewicz et Florencio Martinez avaient été passés par les armes, en ce lieu, respectivement les 10 et 18 juillet.
Les trois internés rescapés ont été conduits dans les locaux de la Gestapo à Nantes, puis remis à la police française qui les libéra lors de l’arrivée de l’armée américaine
Le procès verbal de gendarmerie établi au moment de l’exhumation des corps le 20 Août 1944 indique : << ils reposent sur le ventre,le menton fendue,la face écrasée contre le sol. les traces de balles sont visibles sur le dos, les fesses,sans doute de mitraillettes en raison de la densité des atteintes, certaines localisations sont en faveur d’une fusillade exécutée par derrière. Les lésions des mâchoires indiquent que les blessés ont dû être achevés à coups de crosses de fusils.>>
Leur compagnon de travail, A. M. né le 18 septembre 1918 à Puffé (Sarthe) demeurant 26 Place Viarme à Nantes témoigna en août1944.
Une stèle a été érigée en leur mémoire, à côté de la mairie de Saint-Herblain, "fusillés par l’occupant".
Sources

SOURCES : Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, Nantes, 2001 .— Saint-Herblain Mille ans d’histoire, chapitre 12 : « Pour une marmite de pommes de terre : la torture et la mort... » d’après Marie-Dominique Pot Naître et renaître . — Mémorial Genweb.

Annie Pennetier

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