Né le 20 août 1924 à Bar-le-Duc (Meuse), exécuté sommairement le 28 juillet 1944 à Saint-Ours-Les-Roches (Puy-de-Dôme) ; communiste ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) du Puy-de-Dôme.

Jacques Charlevol est le fils d’un ingénieur-agronome né à Pontgibaud (Puy-de-Dôme), et d’une mère née à Herment (Puy-de-Dôme), sans profession.
A l’âge de 20 ans, alors qu’il est célibataire, il s’engagea dans la résistance au sein de la formation Camp Gabriel-Péri des FTPF du Puy-de-Dôme. Selon la cellule communiste de Saint-Georges-les-Ancizes, il aurait été membre du Parti. Il était au moins membre des Jeunesses communistes, ce que confirme le fait qu’un bulletin des Jeunesses communistes lui soit en partie consacrée début août 1944 suite à son exécution.
Le 27 juillet 1944, un groupement de soldats allemands de la brigade « Jesser » en provenance de la Creuse ratissa dans un but de répression et d’anéantissement des maquis du Puy-de-Dôme, la région de Pontaumur, Pontgibaud, Saint-Ours où étaient réunis, sous la présidence de Gabriel Montpied, les chefs de la résistance de cette région. De nombreux résistants y furent exécutés ce jour là, dont Paul Berre et Charles Flambard sur la commune de Saint-Ours-Les-Roches, Jacques Charlevol tomba sous les balles des soldats allemands, le lendemain 28 juillet au lieu-dit Porte avec Marcel Trincard.
Dans l’état des morts ayant appartenu au Camp Gabriel-Péri, réalisé en 1947 pour établir les droits des victimes, Jacques Charlevol, identifié seulement par son nom, sans nom de guerre, est déclaré par erreur tué le 1er mars 1944 après avoir été fusillé aux Ancizes, dans le Puy-de-Dôme.
Selon le récit fait par l’hebdomadaire communiste La Voix du Peuple, il était le 27 juillet 1944 avec sa mère, dans leur maison du village des Ancizes sur la route des Fades. Alors qu’il porte l’uniforme FTP, la village est cerné par les troupes allemandes. Il fuit la maison mais est arrêté et frappé par plusieurs soldats allemands. Sa mère tente d’intervenir mais elle est également frappée. Il va être torturé et pendant un jour et demi, il aurait mené les troupes allemandes sur les lieux d’anciens maquis pour les aiguiller sur des fausses pistes. Puis, le matin du 28 juillet, il est emmené avec 5 autres résistants à Saint-Ours-les-Roches où ils sont exécutés sommairement.
Le 1er août 1944, le bulletin des Jeunesses communistes du Cantal-Puy-de-Dôme publie son numéro 3 en rendant hommage à ce militant et en décidant d’ouvrir la promotion de recrutement "Promotion Jacques Charlevol". Il appelle par ailleurs à une grève d’une demie heure le 29 août en hommage au jeune homme.
Il a été reconnu FFI. Sa durée des services homologués va du 1er décembre 1943 au 28 juillet 1944.
Son nom est gravé sur le monument commémoratif de Saint-Ours-Les-Roches.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Puy-de-Dôme, Crimes de guerre 908W142 . — SHD Vincennes, 19 P 63/5 : état des morts ayant appartenu au Camp Gabriel-Péri .— SHD Vincennes, dossier individuel de résistant, GR 16 P 121203 (non consulté) .— SHD Vincennes, 19 P 63/5 : liste des membres de la formation Camp Gabriel-Péri ou 12e Bataillon comprenant 1103e, 1104e, 1105e et 1106e compagnie FTPF du Puy-de-Dôme .— Gilles Levy et Francis Cordet, À nous l’Auvergne, Presses de la Cité, 1974 . — Gilles Lévy, Guide des Maquis et hauts-lieux de la Résistance d’Auvergne, Presses de la Cité, 1986 . — Stéphane Luc-Belmont, (Carnet de route personnel de sa vie de résistant), De l’ombre à la lumière. Maquisards d’Auvergne 1942 -1945, 2005 . — "Cérémonies des combats", La Montagne, édition Riom, 4 août 2017 .— Jeune Auvergne. Edité par la Région des Jeunesses communistes (Cantal-Puy-de-Dôme), n°3, 1er août 1944. — Mémorial Genweb .— La Voix du Peuple, 4 novembre 1944. —État civil.

Huguette Juniet, Eric Panthou

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