Né le 25 février 1908 à Saintines (Oise), exécuté sommairement le 9 juin 1944 à Janaillat (Creuse) ; gendarme ; résistant AS.

Henri Morel était le fils de Zacharie Morel, charretier et de Marie Gosseus, allumetière. Il exerça d’abord la profession de jardinier et se maria à Saintines le 25 octobre 1930 avec Renée, Adrienne Lemaire, domestique. Il s’engagea dans la gendarmerie le 3 décembre 1938. Il était en 1944 gendarme à la brigade de Vallière (Creuse) marié et père de quatre enfants.
Il s’engagea dans la résistance le 6 juin 1944, comme en témoigne le rapport de gendarmerie rédigé en février 1946 par le lieutenant commandant la section de gendarmerie de Bourganeuf (dossier AVCC op. cit.) : « Le 6 juin 1944, le gendarme Morel quittait sa résidence pour aller se joindre aux forces de la Résistance qui, à l’époque se trouvaient à Bellesauve, commune de Janaillat [Bellesauve était alors le PC du chef des FFI de la Creuse, le colonel François]. Dès son arrivée, il se signalait comme volontaire pour toutes les missions périlleuses. Le 9 juin il était envoyé en mission dans la région d’Aubusson. Au retour, le convoi automobile qu’il commandait composé de 4 voitures dans lesquelles avaient pris place des jeunes gens volontaires pour les FFI se trouva en présence d’une colonne blindée allemande ». Ce rapport s’appuie également sur le témoignage d’un autre gendarme de Vallière, Joseph Mantier : « qui atteste que le 9 juin 1944 en compagnie du gendarme Morel ils rejoignaient le camp des FFI de Bellesauve. Morel et Mantier commandaient un convoi de quatre véhicules dans lesquelles avaient pris place des jeunes gens désireux de faire partie des FFI. Vers 15 heures 30, le convoi, au moment d’aborder le carrefour de Combeauvert fut attaqué par une formation blindée allemande. Tout le monde sauta des véhicules et tenta de s’enfuir dans la campagne. Les Allemands découvrirent Morel et Bialoux Armand, cultivateur à Vallière, dans les broussailles. Ce dernier qui par la suite réussit à se tirer d’affaire affirme que Morel fut tué sur le champ par un Allemand qui lui a tiré une balle en pleine tête et que son corps fut écrasé ensuite par une chenillette ennemie ».
Ce convoi commandé par le gendarme Morel transportait les résistants d’Aubusson et de Vallières et se dirigeait vers Bellesauves (commune de Janaillat) pour rejoindre le maquis de l’AS. Arrivant de Pontarion, il fut intercepté au carrefour de Combeauvert (commune de Janaillat), carrefour entre la route de Guéret et celle reliant Pontarion et Janaillat. Des éléments de la division Das Reich (bataillon du régiment Der Führer), renseignés par un avion de reconnaissance, y avaient dressé un barrage pour intercepter les maquisards qui venaient de quitter Guéret le matin même, suite à la contre-attaque allemande pour reprendre la ville libérée par la résistance le 7 juin. Peu armés et pris par surprise, les résistants du petit convoi ne purent se défendre et la plupart faits prisonniers, furent fusillés sommairement quelques centaines de mètres plus loin (trois fusillés blessés purent s’enfuir et être secourus, profitant du départ immédiat des allemands pour Guéret). Le corps du gendarme Morel, exécuté sommairement après avoir tenté de s’enfuir et avoir été fait prisonnier, fut aussitôt ramené à Vallière (sans doute la nuit même) ; il ne figure pas dans l’état civil de Janaillat et son décès fut enregistré à Vallière le 10 juin à 10 heures. Il fut inhumé dans cette commune le 12 juin.
Il obtint la mention mort pour la France, et fut homologué sergent FFI. Il reçut à titre posthume la médaille Militaire avec le motif suivant : « Excellent gendarme, animé d’un ardent patriotisme et d’un très bon esprit militaire. Dès le débarquement des alliés, s’est mis volontairement à la disposition des Forces Française de l’Intérieur. Le 9 juin 1944 au retour d’une mission au lieudit « Combeauvert » […] est tombé dans une embuscade allemande où il est mort glorieusement pour la France ». Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saintines dans l’Oise. Il figure également sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud, et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. La caserne de gendarmerie de Felletin (Creuse) porte son nom.
Sources

SOURCES : SHD AVCC Caen AC 21 P 104480 — René Castille Préparation et réalisation de la première libération de Guéret in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des hommes — Mémorial genweb — Avis et délibération du Conseil municipal de Felletin, 4 septembre 2009.

MIchel Thébault

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