Né le 28 avril 1906 à Trévoux (Ain), tué en action le 19 août 1944 à Saint-Étienne-du-Bois (Ain) ; cheminot ; résistant FFI.

Jean Billon était le fils de Jean Pierre Billon, né à Mézérieux (Ain) le 6 avril 1870, cultivateur demeurant à Trévoux, et de Françoise Briançon, née à Reyrieux (Ain) le 6 mai 1874. Il était pupille de Jules Temporel et de Joséphine Cotton, résidant à Drom (Ain).
Jean Billon fut appelé sous les drapeaux le 26 mai 1926 au 4e régiment d’infanterie de Zouaves, appartenant à l’Armée d’Afrique, et renvoyé dans ses foyers le 8 octobre 1927.
Il se maria le 7 septembre 1929 avec Marie Joséphine Dumont à la Mairie du 6e arrondissement de Lyon (69). Le couple eut deux enfants, et logea 17 ter, impasse Barat, Lyon 7e.
En 1929, Jean Billon exerçait la profession d’horticulteur. Il entra à la compagnie ferroviaire PLM le 3 mars 1930 et travailla comme auxiliaire en gare de Lyon-Brotteaux jusqu’au 22 avril 1930. Il accomplit quelques jours de service, toujours comme auxiliaire dans cette même gare, du 27 au 30 avril 1930. Le 1er mai 1930, il fut embauché comme homme d’équipe à l’essai à Lyon Brotteaux et commissionné un an plus tard. Le 1er novembre 1936, il fut muté et nommé pointeur releveur (PR) à Lyon Guillotière. Le 1er février 1937, il retourna à la gare de Lyon Brotteaux. Le 1er juillet 1941, il fut muté et nommé facteur aux écritures (FEC) en gare Lyon Perrache.
Le 17 juin 1944, après le débarquement des forces alliées sur les plages de Normandie, il abandonna son service pour s’engager dans la Résistance, la SNCF le considérant dès lors en absence irrégulière.
Il rejoignit le maquis de l’Ain, et intègra un des groupes de l’ouest du département, la compagnie Danton. Durant l’été 1944, ce département entrevoyait les premiers espoirs de liberté. Avec l’annonce du débarquement, la Résistance et le Maquis entrèrent officiellement en action. Différents plans furent élaborés, notamment le plan vert concernant les coupures des voies ferrées. L’action des maquisards se radicalisa et en juillet certains secteurs comme le Bugey furent quasiment libérés du joug nazi. 29 parachutages sont opérés en Bresse et en Dombes, dotant la résistance d’un véritable arsenal.
Les Allemands étaient sur la défensive, cantonnés dans les gares ils effectuaient toutefois des patrouilles tout le long des voies, de jour et de nuit. Le débarquement de Provence, le 15 août 1944, intensifia le processus. En Bresse, Revermont et Dombes, 34 actions contre les troupes allemandes sont recensées. Ces opérations du maquis de l’Ain étaient meurtrières pour l’occupant, plus de 287 soldats Allemands y perdent la vie.
La Compagnie Danton œuvra dans le secteur du Revermont et gèna l’occupant. Sous les ordres du lieutenant Breton alias « Danton », elle compta 80 hommes en juin 44. Elle fit sauter le pont sur le Jugnon et abat des arbres sur la R.N. 83. Le 21 juin 1944, les Allemands effectuèrent une reconnaissance au col de France, ils furent repoussés par la Compagnie. Le 29 juin, elle reçut la mission de tenir le secteur de Tréffort, de contrôler la R.N. 83, et de saboter la ligne ferroviaire Bourg-Lons.
Lors de la violente opération Allemande Treffenfeld, le 11 juillet, la compagnie suivit les ordres de dispersion. Elle fut fractionnée en 4 éléments : le groupe Pontcarral fut envoyé à Ceillat, le groupe Blondeau aux carrières de Villereversure, le groupe de Jean Billon au bois des Rousses et à Drom, le groupe Louis et Juguet sur les hauteurs de Meillonnas.
Pendant deux semaines, ces unités errèrent dans les bois pour échapper aux patrouilles allemandes, « crevant » de faim et de soif. En août, la compagnie se reforma, elle est envoyée à Saint Étienne du Bois.
Le 19 août 1944, Jean Billon participa à un engagement contre un détachement Allemand retranché dans la gare de Saint Étienne du Bois. Malgré l’intensité des combats, une trêve fut accordée pour l’évacuation du chef de gare Jean Aniel, de sa femme et de sa fille gravement malade. Après la reprise des combats, Jean Billon fut tué à la gare de Saint-Étienne du Bois touché d’une balle dans le ventre. Son camarade Marius Dellorenzi y laissa également la vie, six autres furent blessés.
Le 21 août, les allemands quittèrent Gex qui fut libérée par les F.T.P. de la compagnie Mont Blanc et l’Armée Secrète de cette ville. Le 23, la Wehrmacht évacua Ambérieu. Fin août, Pierre Cap et Joanny Perrot, en mission pour la compagnie Danton à Bourg furent tués, puis ce fut au tour de Jean Nallet et Jean Boujon le 1er septembre.
Le 4 Septembre, Bourg en Bresse fut libérée, la compagnie Danton entre dans la ville. Jean Billon ne verra pas cette libération pour laquelle il avait pourtant tant œuvré.
La mention « Mort pour la France » a été apposée sur son acte de décès et il est homologué FFI. Son nom figure sur deux monuments à Lyon-Perrache, sur la stèle régionale SNCF de Lyon (ex-4ème arrondissement du réseau Sud-Est), porte Saône de la gare de Lyon Perrache et celle des cheminots de la gare de Lyon-Perrache tués pendant cette sombre période. Sa mémoire est également honorée au monument aux morts du village de Drom (Ain) et au monument commémoratif de Saint Etienne du Bois.
Sources

SOURCES : Guide des recherches SNCF pour la période 39/45, 118 LM 093-005 et acte de décoration de Jean Aniel de l’ordre de la SNCF. — Jérôme Croyet, La libération de l’Ain 1944 (Un été 44 dans l’Ain),, 2008 . — SHD DAVCC, 21 P23450 et GR 16 P 60444. — Archives Départementales de l’Ain . — Résistance-Ain-Jura.com et Musée de la Résistance de Nantua (Ain).

Robert Goujon

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