Le 27 décembre 1943, un convoi du maquis FTP Gabriel-Péri est arrêté par un barrage allemand. Quatre résistants sont fusillés immédiatement et un cinquième meurt brûlé dans le véhicule où il se cachait.

Représentation de l’attaque de Sarpoil parue dans La Voix du Peuple, organe de la fédération communiste du Puy-de-Dôme.
Le camp Gabriel-Péri, était très actif dès 1943 et avait enlevé quelques jours auparavant un camion Ford, une ambulance militaire et divers matériels de l’armée allemande. Et 48 heures avant Noël, les maquisards avaient récupéré à l’abattoir de Riom les vivres entreposés destinées aux officiers allemands de Clermont et Royat pour fêter Noël.
Cette unité était très mobile pour éviter d’être repérée. C’est au cours d’un déplacement de Saint-Germain-l’Herm vers les bois de Fournol qu’elle fut interceptée. Le commandant Max, Jean Rochon, était parti rendre compte à l’état-major départemental FTP à Clermont-Ferrand. Pendant son absence, Charles Jouan alias Charlot qui assurait l’intérim, apprit que les Allemands étaient au courant de leur présence à Sapt, aussi décida-t-il de rejoindre la route Issoire-La Chaise-Dieu.
Le groupe fut intercepté par un barrage, dans un jour de neige. Le premier véhicule du convoi était l’ambulance qui avait quatre hommes à bord. Les hommes furent alignés sur le mur, sauf Jean Casanova, dénommé Gaston, qui s’était caché à l’intérieur du véhicule. Le second véhicule, une voiture, était conduit par Charles Jouan, en compagnie de Robert Delmas, le commandant du camp, dit Lucien. Charles Jouan démarra en trombe quand on lui ordonna de descendre, sans que les militaires allemands aient eu le temps de tirer. Les hommes dans le dernier véhicule, le camion Ford, eurent le temps de sauter à terre, mais étaient insuffisamment armés.
Les Allemands firent brûler l’ambulance où étaient cachées des grenades et du plastic, mais aussi le jeune Jean Casanova, qui se sacrifia.
Raymond Aurousset, dit Frédo, Paul Langlois, dit Richard, et Jean Guillaume, dit Léo, les trois hommes de l’ambulance encore en vie, furent immédiatement fusillés. Une dernière victime est désignée sous le nom de Patriote belge dit Raoul. Il s’agit d’Henri May.
Les échanges de tirs avec le reste des maquisards firent sans doute plusieurs victimes côté allemand. Un article paru dans le journal de l’ANACR du Puy-de-Dôme en 1972 parle de 37 Allemands allongés au sol, tués pour la plupart, chiffre certainement démesurément exagéré.
Un autre résistant, René Crozet, dit Jimmy, fut arrêté par les Allemands car blessés. Un médecin de Sauxillanges parvint à éviter qu’il soit fusillé. Il fut soigné et parvint à s’enfuir après sa guérison, pour rejoindre le maquis.
C’était la première fois qu’une formation armée de la Résistance en Auvergne affrontait l’armée allemande.
Depuis, une stèle a été élevée par les habitants de Sarpoil.
Ce récit a été établi par deux gendarmes de Sauxillanges, réquisitionnés par les Allemands et qui furent témoins de ces événements.
C’est grâce à une enquête menée plusieurs décennies après par René Crozet que Jean Casanova fut identifié. En 1972, le patriote inconnu brûlé vif était présenté comme un dénommé Raoul et belge alors que dès 1947, son nom, Henri May, figurait sur l’état des morts ayant appartenu au Camp Gabriel-Péri.
Les photographies de quatre des victimes, non identifiées, sont conservées au sein d’une archive privée.
Liste des victimes :
Raymond AUROUSSET
Jean CASANOVA
Jean-Louis GUILLAUME
Paul LANGLOIS
Henri MAY
Sources

Sources : SHD Vincennes, 19 P 63/5 : état des morts ayant appartenu au Camp Gabriel-Péri .— « C’était ainsi... Le combat de Sarpoil », Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972 .— « Tué à Sarpoil », photographies de quatre résistants tués, archive privée, Clermont-Ferrand.

Eric Panthou

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