Le 14 juin 1944, deux résistants et trois civils furent victimes des troupes allemandes au col de Serrières (commune de Ferrals-les-Montagnes, Hérault)

Ferrals-les-Montagnes (Hérault)
Ferrals-les-Montagnes (Hérault)
Stèle du col de Serrières, commémorant la mémoire des victimes du 15 juin 1944
Le 15 juin 1944 à l’aube, les troupes allemandes investirent le col de Serrières (mentionné en 1944 sous la dénomination de col des Cerises), commune de Ferrals-les-Montagnes (Hérault) probablement à la recherche d’éléments du Corps franc de la Montagne Noire (CFMN). Une dénonciation serait à l’origine de cette expédition. En l’espèce, il s’agirait de l’adjudant Durand de la Gendarmerie de Saint-Pons qui aurait tenté de faire cesser le ravitaillement du maquis par les fermiers du col. Ce sous-officier, également impliqué dans l’arrestation de De Lattre de Tassigny en novembre 1942, a d’ailleurs été exécuté par la Résistance à Saint-Pons (Hérault) dans les semaines qui suivirent, courant juillet. À l’arrivée des troupes allemandes, les maquisards présents dans le secteur se dispersèrent dans les bois. Les soldats investirent donc les deux fermes du col. Les fermiers restèrent sur place et furent retenus par les Allemands. Seule Mme Valière parvint à s’échapper dans les bois avec ses deux enfants de 12 et 6 ans. Les fermiers et les maquisards furent mis en demeure d’indiquer l’emplacement du détachement maquisard. Margueritte Iché resta à la ferme, alors que quatre hommes, deux habitants (François Valière et Aimé Iché) et deux maquisards (Roger Gaubil et André Houlès) furent emmenés dans les bois à la recherche du camp. D’après Gérard Bouladou, ces maquisards appartenaient au SOAM, c’est-à-dire le service des parachutages. Dans la matinée, l’autobus faisant la liaison Olonzac (Hérault)-Saint-Pons (Hérault) arriva au col et fut stoppé par les Allemands qui firent descendre les passagers et les alignèrent le long de la route avec des gardes armés.
À midi, l’autobus est renvoyé vers Olonzac et la tension monte d’un cran car les hommes sont de retour sans résultats. Margueritte Iché exprima d’ailleurs son inquiétude au chauffeur de l’autobus lors de son départ. Les soldats en effet se livrèrent au pillage des fermes et après avoir mangé commencèrent à les mettre à sac et à abattre les animaux. Vers 15 heures, André Houlès est abattu d’une balle dans la tête. On le retrouva également avec une main percée, probablement dans un ultime geste de défense. Sur le chemin du plateau de Bel Soleil, François Valière, Aimé Iché et Roger Gaubil furent exécutés. Leurs corps furent projetés dans un ravin et ne furent retrouvés que deux jours plus tard. Il semblerait que ce soit vers 19h que Margueritte Iché ait été à son tour suppliciée. Exécutée d’une balle dans la tête et affreusement mutilée, la fermière gît dans la glacière, grand trou servant à accumuler la neige en hiver pour avoir de la glace en été. Son corps n’est retrouvé que trois jours plus tard. À la Libération, le journal Béziers Libre relate les faits lors de ses éditions du 30 septembre et 7 octobre 1944.
Un monument a été édifié sur les lieux et les cinq tombes se trouvent à proximité. Il porte l’inscription suivante : « En ces lieux, le 15 juin 1944, des soudards allemands, après avoir pillé et incendié le hameau du col de Serrières ont assassiné Marguerite Iché, 58 ans, Aimé Iché, 28 ans, François Valières, 43 ans, tous trois habitant au col de Serrières, Roger Gaubil, 23 ans, de Labastide-Rouairoux, André Houlès, 21 ans, de Mazamet, réfractaires au STO, membres des FFI. Passant, souviens-toi, ils sont morts pour que tu vives libre. » Chaque année le 15 juin, la municipalité de Ferrals-les-Montagnes organise une cérémonie du souvenir.
Roger-Louis GAUBIL, 23 ans, de Montpellier (Hérault), résistant
André, Robert HOULÈS, 21 ans, de Mazamet (Tarn), résistant
Aimé ICHÉ, agriculteur, 38 ans, de Ferrals-les-Montagnes
Marguerite ICHÉ, 58 ans, agricultrice, de Ferrals-les-Montagnes
François-Élie VALIÈRE, 43 ans, agriculteur, de Ferrals-les-Montagnes
Sources

SOURCES : Béziers Libre, 7 octobre 1944. — Gérard Bouladou, L’Hérault dans la Résistance : 1940-1944, Nîmes, Lacour, 1992, p. 141.

Richard Vassakos

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