Né le 8 septembre 1921 à Kunheim (Haut-Rhin), exécuté sommairement le 27 juillet 1944 à Chard (Creuse) ; militaire de carrière ; résistant maquis AS de la Creuse, bataillon Jack.

Edgar Husser né dans une famille protestante d’Alsace, était le fils d’Alfred Husser forgeron à Kunheim et d’Emma Laufenburger. Célibataire, domicilié avec sa famille à Horbourg (Haut-Rhin), à proximité de Colmar, il s’engagea dans l’armée de l’Air, vraisemblablement dans l’armée d’armistice. Mécanicien, ayant obtenu le grade de caporal-chef, il appartenait à la compagnie de Guet 13/72 (ces compagnies de Guet étaient liées aux groupes de DCA pour lesquelles elles opéraient. Dans l’Armée d’armistice, 16 compagnies de Guet furent maintenues). Il semble qu’après la dissolution de l’armée d’armistice fin novembre 1942, suite à l’occupation de la zone libre par L’Allemagne, Alfred Husser ait rejoint un GMR, Groupe Mobile de Réserve (sans doute le GMR Berry) avant de rejoindre la Résistance à l’été 1944 au sein du bataillon Jack de l’Armée secrète, établi en Creuse dans le secteur de Chard. Un témoignage recueilli en 1957 lors d’une enquête de la Sureté Nationale à son sujet (pour l’obtention du titre DIR ; dossier AVCC) indique : « J’ai connu le nommé Husser Edgar… ce dernier, ancien G.M.R., était stationné au hameau de Roussines avec une trentaine de ses camarades. Il appartenait à la section F.F.I du capitaine Dubois, laquelle était elle-même placée sous le commandement du Commandant Jack… Les éléments qui constituaient cette unité portaient l’uniforme G.M.R. D’après leurs dires, ils avaient abandonné leurs compagnies, stationnées à Châteauroux (Indre), afin de rallier la Résistance. Ils ont séjourné à Chard du 17 au 27 juillet 1944 ». Lors de l’attaque du poste de commandement du commandant Jack au lieu-dit Roussines par les troupes de la brigade de répression Jesser, le 27 juillet 1940, il fut capturé lors de l’opération de décrochage. Il fut exécuté sommairement avec quatre camarades au lieu-dit Trebeix sur la commune de Chard. Selon un rapport de gendarmerie du 5 novembre 1944 (AD 87 op. cit.) : « Cinq prisonniers FFI, pris au début de l’attaque, furent conduits à deux kilomètres du lieu de la capture ; on les fit descendre des camions où ils avaient pris place et on les obligea à courir dans un champ situé en bordure de la route. Ils furent abattus pendant leur course par leurs bourreaux qui étaient restés sur la route ».
Il obtint la mention mort pour la France (17 janvier 1946) et fut reconnu en novembre 1962 Interné-Résistant. Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Horbourg (aujourd’hui Horbourg-Wihr) et sur la plaque commémorative 1939 – 1945 de Horbourg. Il figure aussi sur le monument commémoratif dressé sur la commune de Chard et sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne, dossier sur les crimes de guerre 1517 W 183 — SHD-AVCC, Caen, AC 21 P 56678 et 21 P 574036. — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

Michel Thébault

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