Né le 28 mars 1912 à Tramoyes au nord de Miribel dans l’Ain, exécuté sommairement le 13 juin 1944 à Saint-Trivier-sur-Moignans (Ain), au lieudit Fossard ; cheminot ; communiste ; résistant.

Monument aux morts de Miribel
Fils d’Auguste, Émile Venet, cultivateur et Marie Philomène Bernolin, cultivatrice, Auguste, neveu de Firmin Tribouillier, Auguste, Pierre Venet effectua son service militaire en tant que ’’maître ouvrier’’ au 4e Régiment du Génie à Grenoble du 25 décembre 1931 au 15 mai 1933.
Retourné à la vie civile, il fut d’abord garçon de café, puis cuisinier avant d’entrer à la compagnie PLM au service exploitation comme Homme d’Equipe à l’essai, à la gare des Brotteaux à Lyon le 1er juin 1937.
Commissionné le 6 juin 1938, il épousa cette année-là à Lyon (IIIe arr.), Odette Rachel Émilie Schütterlé, née à Villefranche-sur-Saône le 9 février 1918 d’Eugène Claudius Schütterlé et d’Émilie Madeleine Clemençon. Le couple eut une fille, Colette, le 10 avril 1939. Le 2 septembre il fut mobilisé jusqu’au 16 juillet 1940.
Auguste Venet, militant communiste, était secrétaire de la cellule locale de Miribel, commune où la famille résidait au 10 bis rue de la gare. À l’issue d’une réunion de son parti, tenue le 29 septembre 1940, donc interdite depuis le décret-loi du 26 septembre 1939, il fut arrêté et détenu en prévention jusqu’au 12 mars 1941, le lendemain de son acquittement par le Tribunal Militaire Permanent de la 14e Région. Il fut considéré, par la SNCF en absence irrégulière sans solde jusqu’au 31 mars 1941, date à laquelle il réintégra son poste.
C’est à cette période qu’il entra en résistance contre les occupants allemands et le gouvernement collaborationniste de Vichy. Membre du 1er Groupe de Résistance Locale, il devint chef d’équipe de Groupe Franc, avec grade de sergent, au Camp Didier issu, entre autres, du maquis du 4e Secteur de l’Armée Secrète du département du Rhône, district de Trévoux. Ce camp se situait entre Mionnay et Tramoyes, dans l’Ain, à proximité du ’’Bois du Noyer’’.
Promu Homme d’équipe principal, il fut nommé le 1er mai 1942 à la gare de Sathonay-Rillieux dans le Rhône.
Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, en mission de ravitaillement, il se rendit à bord d’une camionnette laitière avec deux camarades, son oncle Firmin Tribouillier laitier et Armand Gili, au maquis pour approvisionner. Ils furent interceptés par un barrage allemand, entre Saint-Marcel-en-Dombes et Villars-les-Dombes. Les deux hommes furent abattus sur place, Auguste Venet fut interné au Fort Montluc à Lyon. Cinq jours plus tard, le 13 juin 1944, il fut embarqué dans un camion avec 18 autres prisonniers. Ils sont emmenés à la sortie de Villeneuve, dans l’Ain, aux abords de la D936 (nationale 436 à l’époque) qui mène à Saint-Trivier-sur-Moignans, au lieudit Fossard. Ils furent débarqués et dirigés vers une batterie de fusils mitrailleurs abandonnée par des résistants. C’est sur leurs derniers pas qu’ils furent abattus dans le dos par des tirs de mitraillettes.
D’après le témoignage de Jacques Toinet, blessé au bras droit et seul rescapé, les victimes n’ont pas été averties de leur funeste sort et ont été dépouillées de leurs pièces d’identité. Leurs corps furent provisoirement inhumés et l’exhumation du 24 octobre 1944 ne permit pas l’identification de toutes les victimes parmi lesquelles se trouvent Jean Gouailhardou, chef du camp Didier, le poète résistant René Leynaud et André Ogier, cheminot résistant de Valence dans la Drôme. La stèle érigée sur le lieu d’exécution rend hommage à douze personnes et six inconnus. Le nom d’Auguste Venet n’y est pas gravé.
Odette Venet malgré ses recherches, resta sans nouvelle de son mari et l’espéra simplement prisonnier jusqu’au 15 octobre 1946, date de l’acte officiel de décès qui le confirma fusillé au fort Montluc, le 13 juin 1944.
Par courrier du 9 février 1945, la direction de la SNCF, le rétablit toutefois dans ses droits en reconnaissant la régularité de ses absences et verse à sa femme les soldes, primes et indemnités auxquelles elle pouvait prétendre.
La mémoire de son nom est honorée sur la stèle en hommage au camp Didier située sur l’actuelle RN 83 dans la commune de Mionnay, au lieudit ’’Le Poussey’’, sur le Monument aux Morts de Miribel dans l’Ain, sur la plaque commémorative de la gare de Sathonay-Rillieux et sur la stèle régionale SNCF de Lyon (ex-4e arrondissement du réseau Sud-Est), porte Saône de la gare de Lyon Perrache.
Sources

SOURCES : Guide des recherches SNCF pour la période 39/45, 118LM119/003 et 266LM0004/002. — Centre des archives multirégional SNCF de Béziers, recherches des militants CGT de la section de retraités de Lyon Guillotière, le 21 avril 2016 — Service Historique de la Défense, 21 P 547067 — Archives Départementales de l’Ain — Archives Départementales du Rhône, archives de Montluc et Mémorial de l’Oppression, recherches Frédéric Couffin. — Mémorial des cheminots, op. cit.. — Recherches et rédaction Jean-Paul Reymond dans le cadre de l’IHS cheminots Lyon. — Lucien Benoit, Histoire de prison du maquis et d’ailleurs, Aléas, 2006.

Jean-Paul Reymond

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