Né le 18 novembre 1909 à Gond-Pontouvre (Charente), exécuté sommairement le 3 juillet 1944 au lieu-dit La Couarde, commune de Verrières (Vienne) ; résistant FTPF, maquis Amilcar.

SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Maurice Salmonie était le fils de Jean Salmonie, âgé de 41 ans, roulier et de Marie Tardy âgée de 29 ans, domiciliés tous deux, rue des Fontenelles à Gond-Pontouvre. Ses parents s’étaient mariés le 8 octobre 1904 à Ligugé (Vienne) où son père (veuf en premières noces de Joséphine Aubineaud) était alors terrassier-roulier et sa mère ouvrière à la filature de Ligugé. Le couple eut trois enfants, Jean né en 1905 à Ligugé, Louis en 1907 à Nanteuil-en-Vallée et enfin Maurice né en 1909 à Gond-Pontouvre. Maurice Salmonie fut dans les années 20 ouvrier agricole dans le secteur de Poitiers, à Iteuil en particulier. Ayant eu un fils, Serge né à Poitiers le13 juillet 1929 avec Germaine, Juliette Saturnin, âgée de 18 ans, il l’épousa le 4 octobre 1930 à Poitiers. Il fut aussitôt appelé sous les drapeaux, incorporé le 22 octobre 1930 au 23ème Régiment d’Infanterie Coloniale, à la caserne Lourcine, boulevard de Port-Royal XIIIe arrondissement de Paris. Il fut réformé dès le mois de mars 1931 pour une paralysie de l’avant-bras gauche suite à un coup de fusil peut-être volontaire. De retour à Poitiers, il reprit son activité d’ouvrier agricole à Lusignan, puis à Saint Benoît. Le couple eut un second fils, Maurice, Jean, né le 27 novembre 1933 à Poitiers. Son épouse, Germaine mourut deux jours plus tard le 29 novembre 1933 des suites de l’accouchement. Maurice Salmonie confia ses deux enfants à l’Assistance Publique qui les plaça dans des familles d’accueil. Il reprit une vie itinérante d’ouvrier agricole changeant presque chaque année de commune (La Villedieu-du-Clain, Marçay, Celle-l’Evescault, Fleuré, Iteuil) et parfois Poitiers où demeuraient ses frères et son père, infirmier à l’Hôtel-Dieu. Il s’engagea, à une date qui reste à préciser, sans doute 1944, dans la Résistance, rejoignant le maquis FTPF « Amilcar » (Robert Artaud), installé au sud de Montmorillon, à la limite de la Haute-Vienne. Entre le 6 juin et le 12 juin 1944, des parachutistes britanniques SAS furent parachutés dans l’Indre et dans la Vienne. Ces unités parachutistes avaient pour objectif d’apporter une aide aux maquisards lors des opérations de harcèlement accompagnant le débarquement en Normandie. Le groupe vint s’installer dans plusieurs camps successifs dans l’est du département de la Vienne et reçut en soutien le 13 juin, 12 maquisards FTPF du maquis Amilcar, formant le groupe Maurice et dont Maurice Salmonie fit partie. Fin juin, Le nouveau maquis était installé dans le secteur de L’Hommaizé (Vienne) et de Verrières (Vienne). Le 3 juillet 1944 à l’aube, le maquis fut encerclé par des unités allemandes venues de Poitiers. Dans le combat qui s’acheva vers 9 heures, Maurice Salmonie fut fait prisonnier avec six autres camardes du groupe Maurice. Retenus toute la matinée prisonniers et peut-être frappés, ils furent finalement exécutés sommairement vers 12 heures 30 au lieu-dit La Couarde.

Sa famille n’ayant jamais demandé la restitution de son corps, il fut transféré et inhumé en 1947 à la nécropole nationale de Sainte-Anne-d’Auray (Morbihan), où il repose identifié sous l’orthographe « Salmoni » carré 7, rang 6, tombe 965.
Il a obtenu la mention mort pour la France.

Son nom (orthographié Salmoni) est inscrit sur le monument commémoratif de La Couarde.
Sources

SOURCES : SHD CAEN AVCC Cote AC 21 P 149647 — Christian Richard 1944, Le Special Air Service en Poitou Geste Éditions 2018 — Site internet VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation) — Mémoire des Hommes — Mémorial Genweb.

Christian Richard, Michel Thébault

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